‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 49 sur 113 · I\OTES AUX CANTONS SUISSES · texte numérisé non relu

I\OTES AUX CANTONS SUISSES

sadeur auprès dos ligues suisses , pour qu'il eût à faire entendre « raccideiit advenu à Paris ces jours passés , duquel il sent un bien grand desplaisir et regret. Le 22'' d'aoust l'ut tirée à l'admirai une arquebousade, et Sa Majesté avait eom- Hiaudé que punition fust faiete des auteurs d'une telle méebaneeté. Mais ceux qui avoient esté cause du premier mal (comme il est aisé à présumer) voulant prévenir cette justification, se sont assemblés par grosses trouppes et ont assailli avec fureur la maison dudict admirai , forcé les gardes que Sa Majesté y avoit faict mettre, et l'ont tué , luy et quelques autres gentilshommes qui se .seroient trouvés avec luy. Sa Majesté n'y a pu pourvoir , estant la chose montée avec telle rage et fureur populaire , qu'elle avoit assez affaire de se garder avec la royne sa mère , messeigneurs ses frères , roy de Navarre et autres princes. Cet inconvénient et accident est advenu par querelles particulières, et non ])0ur altérer les édicts de pacification donnés par Sa Majesté, qu'elle veut conserver et entretenir. Au moyen de (juoy Sa Majesté vous prie , magnifiques .seigneurs, de continuer la bonne amitié et intelligence qui a toujours esté entre la couronne de France et ses bons amis les seigneurs des ligues *.»

* '■ Lettre du thrésorier des ligues, escrite auxdictes lijjnes par le conimaiidcinciit du roy.» 1572. — M. de Dellio\re

DÉPÉCUE DF. L'AMnVSSADEl'R VNOLVTS (1572). 193

C'est dans cette forme de circulaires (jiie le roi écrivit ses instructions ii M. de La Motte-Fénélon, son ambassadeur auprès d'Elisabeth ; on voulait surtout maintenir la paix et ne i)oint romjirc les alliances. Une dépêche de Walsiuirhaiu à sir Smith, preniier secrétaire d'Ktat d'Elisabeth, sur une conférence qu'a eue l'ambas-sadeur anglais avec la reine-mère, exprime ])arlaitement la situation de la France et de l'Angleterre après la saint-Harthélemy :

■ J'ai vu la royne-mère dans une conférence intime : je luv dis que le principal motif qm avoit obligé la royne ma maistrcsseà faire cas de l'amitié de cette couronne , estoit fondé sur ce que le roy avoit accordé par son esdict à quelques-uns de ses subjecls la liberté et l'exercice d'une religion dont elle faisoit elle-mesme profession ; que cette considération estant le principal fondement de l'alliance et de l'amitié qui estoit entre eux , la continuation n'en pourroit estre que douteuse et incertaine , puisque le

fut spécialement envoyé auprès des cantons. Voyez • rcluontrances faicles par le seigneur de Uclliévrc , conseiller au conseil privé du roy, de^ant les ambassadeurs de messieurs des treize cantons des anciennes ligues des hautes Aliemagncs, a la journée assignée à Baden le 18 décembie 1572 , où il est traité des causes qui ont rau le roy de faire procéder à la punition de l'admirai de Chastillon et ses complices. • Portefeuille Fontanicu, 1572.

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