‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 50 sur 113 · DÉPÊCHE DE L'AMBASSADEUR AISGLAIS · texte numérisé non relu

DÉPÊCHE DE L'AMBASSADEUR AISGLAIS

prinripe n'y estoit plus , et que la proposition qu'on avoit faicte d'une entrevue ne pouvoit passer à présent que pour un amusement. Klle respondit à tout cela en ternies généraux , qu'elle crojoit que la dernière alliance n'avoit pas esté faicte avec l'admirai et avec ceux de la religion, mais Mec le roy , et qu'elle espéroit qu'elle ne laisseroit pas de continuer, encore que le roy son fds eust esté obligé de se défaire avec justice, et pour sa propre conservation , des principaux chefs de ceux de la religion, et que de son costé elle y contribueroit de tout son pouvoir. Vous scavez bien , me dict-elle , que le roy François I et le roy Henri Vlll estoient bons amis , et néanmoins ils ne favorisoient pas le pape également. La d iflérenre de religion qui estoit entre le roy mon niaryet le roy Edouard VI n'enipesrha pas le mariage de ma fdle et de luy. Et quant à Tesdict, l'intention du roy mon fils est f[u'il soit evécuté ponctuellement . Je lui resjiondis (jue véritablement lalliance avoit esté faicte avec le roy et non pas avec l'admirai , mais que cela n'empeschoit pas que la liberté de conscience n'eust esté accordée à tous ceux de la religion , et non pas à l'admirai en particulier; quant à l'amitié dont elle a parlé, les temps estoient bien difl'érens; il n'y avoit pas eu encore de ligues à Trente et à IJayonnc pour ruiner cimix de la religion. Et en vérité, Madame, lui dis-je , je crains que la sévérité extraordinaire

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dont on a usé contre eux ne [>asse parmi les princes protestans conimc une {guerre d/rlarée (lui sera fort sanaflante sans doute. I.a-dessus elle s'emporta furieusement contre l'admirai , et dict ([ue eetle alliiire de Bayonne cstoit un artifice ({u'il avoit inventé pour exciter les princes alliés de la couronne à s'en déclarer ennemis; et la vérité estoit que cette assenddée ne s'estoit faiete que l>our se divertir et faire bonne chère. Et afin que vous sçachicz le peu d'ohlijrations que luy a vosire uiaistre.sse , contiuua-t-elle , voyez un discours (jui a esté trouvé avec son testament, lc([uel , entre plu.iieurs advis qu'il donne au roy mon fils , il lui recouuuaude, comme une chose de la dernière importance pour le repos de son Kstat de tenir bas le roy d'Espajifue et vostre maislresse autant ((u'il luy sera possible. Madame, luy dis-je , soit (ju'il fust affectionné a la rovnc ma maistres.se, il a faict voir dans ce rencontre qu'il estoit un bon cl fidèle subjcct de la couronne de France , et c'est pour cela que la royne ma maistre.sse l'esliuu)it. Klle ne respondit rien ; puis me parla, et après plusieurs discours pour et contre, elle mo pria d'asseurer la royne ma maistre.sse qu'elle et le roy son fils ne désiroient rien si passionnément (jue de vivre en bonne intellijfence avec elle , et afin ([ue l'amitié fust plus estroitc, ils souliaitoient qu'on tcrmiuast le maria{;e jà proposé. Alors je la su]>pliai de me satisfaire sur deux points : l'un

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