‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 63 sur 113 · III · texte numérisé non relu

III

2W TRAGÉDIE DE COLIGNï (1572).

roy te ruine; ouvre les yeux , et d'une main de vengeance tue le roy, renverse ceux qui sont de son parti : courage! tue, brise, renverse.» Ici trAndclot retourne aux enfers. « Sois certain, mon frère, (jue je ferai une vengeance fière ; avec mes chers huguenots je m'en vais tuer Guise et mettre le roy où il doit estre. » Un délateur découvre ses projets à Charles IX; le roi veut faire miséricorde ; pardonner l'ennemi est action louable; n'avoir point de vengeance*, c'est épargner le sang de ses sujets. Le conseil : « Chastier les meschans fut tousjours grand' vertu; faire justice est agréable à Dieu : Sire, punissez une telle entreprise; deslivrez le peuple ; secourez l'Eglise, et d'une prompte mort, envoyez ces mutius oustre le triste bord. » Un messager vient annoncer au peuple l'exécution de l'admirai et autres : « 0 généreux cxploicts! s'écrie le peuple, ô vengeresse main; ([ue plustost eusses-tu meurtri cet inhumain; il vouloit seigneurier la France et la posséder; mais, <■) divine vengeance ! il est maintenant possesseur du plus haut lieu qui soit en Montfaucon **. »

* Mais quoy ! miséricorde est agréable à Dieu !

** Bref, et celui qui desiroit la France Seigneiuier, nn son désir feslon , Kst possesseur, ô divine ven|;can<T !

Du plus haut lieu ({ui suit en Montfaucon.

"I,M Irayédie de feu Gaspard de Coligny .jadis admirai

TR.Vr.EDlE DK COLIOY (1572). 231

Quand on voit de telles opinions régner dans une soeiété , il ne l'aut pas ehereher aux événeniens des causes secrètes, mystérieuses, inconnues; ils arrivent et se développent seuls par les niasses. D'autres temps eurent au.ssi leurs journées j>opulaires et sanglantes ; elles furent portées haut, obtinrent leurs anniveriaires, leurs chants de gloire , les adulations des poètes. Aux jours d<; passions n'invoquez pas les lois générales de l'humanité , car elles disparaissent, ces nobles lois, au milieu des jiartis qui se proscrivent.

de France, contenant ce qui advint à Paris le 24 aoiist 1572, avec le nom des personnages , par François de Chantelouve, genlilh(M)iiiie Ltinrclt-Iois , et chevalier de l'ordre de Saint- Jean tle Jérusalem. » 1575.

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