EFFETS DE LA S.-BARTHELEMY
En résumant l'effet de la Saiiit-Barthélemy à l'extérieur , on pourrait dire qu'elle changea absolument la nature des rapports de la France avec l'étranger. Pendant deux ans que s'était prolongée la puissance des huguenots, soit à Blois, soit à Paris, toute la politique avait été anti-espagnole : le conseil s'était complètement jeté dans les intérêts de la confédération germanique, du Danemarck, de la Suède, et le dernier traité avec Elisabeth prouvait des rapprochemens intimes avec l'Angleterre. Cette politique devait tendre, d'une part, à la constitution indépendante des Pays-Bas, à l'affermissement de la liberté des électeurs dans l'empire, au triomphe des intérêts protcstans d'Elisabeth sur les idées et les prétentions catholiques de Marie Stuart; enfin à l'agran-
cence et justice de tant de milliers de personnes massacrée!» au royaume de France , contre les calomnies de Jean de Monlluc, esvesque de Valence.» 1572 ( Brochure ).
On publia une multitude de rôles où furent comptés les morts de la Saint-Barthélémy. Les huguenots en exagèrent le nombre jusqu'à quarante mille ; les catholiques le réduisirent à moins de quinze cents. Au reste , le conseil de ville de Paris fit faire le relevé de ces massacres. — 7 octobre 1572. Ordonnance de la ville de Paris à tous capitaines d'apporter nu bureau les noms et qualités de ceux qui ont été tués le jour de la Saint-Barthélémy. Extr. des reg. de rilôtel-de-Ville de Paris. — Mss. de Colbert, vol. 252, in-fi.l. V.p. 27S.
EFFKTS DE L\ S.-l!.\RTHKLEM\ (1572). *2.>;{
tlissciiiLMil ik' la r«''[»uljliijiR' de Genève sur la Savoie, et des caillons réfornu'ssur les autres cantons dévoués à l'église de Rome.
Depuis la Sainl-Barthélemy , tout prend une nouvelle tendance; l'alliance de l'Kspagne , de la Savoie, de Rome et de l'Ecosse, devient la base de la politique extérieure du conseil catholique: on cherche sans doute à ne pas rompre avec Ic-t électeurs, avec la reine d'Angleterre, à maintenir des rapports qui échapjjcnt au conseil par l'attitude nou\clle qu'il a jirise ; mais l'Espagne domine, et les intérêts espagnols sont alors en opposition avec l'indépendance des Pays-Bas , la monarchie d'Klisaheth, la souveraineté des électeurs et la liberté de Genève. Les fatales journées de Paris amenèrent donc un changement complet , absolu, dans la situation de la France, à l'intérieur comme à l'extérieur; tout prit uneimpulsiun nouvelle et décidée. La |)olitique de Charles I\ ou du conseil des Guise se l'ormula dans les points sui\ans : 1" Protéger le triomphe de Marie Stnart en Ecosse; 2" abaisser le crédit d'Elisabeth pour imposer à l'Angleterre la toute-puissance catholique; 3" réunir Genève a la Savoie; /♦" rétablir le gouvernement espagnol aux Pays-Bas; 15" restaurer l'unité orthodoxe en Germanie et dans la Suisse.