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278 nTRir.UES TOUR LA POLOr.?iF, (1572— 1573).
des sénateurs de ce royaume; je m'y suis rendu d"aj)rps l'ordre de vostre ambassadeur ; tous lesdils sénaieurs s'écrioient : « IVous n'aurons d'autre prince pour notre roy que celui-là *. »
Quand la nouvelle oHiciclIe de la mort de Sigismond-Auguste parvint a la cour de France, il fallut suivre une négociation plus sérieuse, et ]<; parti calviniste, d'accord avec le tiers parti de Catherine, députa l'évè(iue de Valence dont la foi mitoyenne entre les c<\lvinistes et le catholicisme ne pouvait blesser aucune des croyances qui divisaient la Pologne. On lui adjoignit Gilles dcNoailles, également du parti modéré, et qui s'était fait déjà remarquer ])ar une utile ambassade à Constantinople. Tout ceci se passait avant la Saint-Barthélcmy . au moment du triom])he absolu du parti calviniste à la cour de France. M. d« Schomberg devait seconder par ses cHorts auprès des princes d'Allemagne les projets des huguenots..
1/élection dn duc d'Anjou avait trouvé d'abord pour adversaire l'admirable légat du pape , Commcndon; la cour de Rome sentait le besoin de ne pas laisser triomjjher le plan calviniste en Pologne. Plusieurs compétiteurs .se disputaient la couronne; en tète le grand duc de Mosco>ie,
Vss.dc Colbert. pièces originales, in-fol. vol.crcxxxviii, par;. 35.
1>STRI(;T. de l.ÉVF.QUK DE V\LE>CE(1573). -279
[iriiire barbarL' ; son \astc territoire s't'tomJait (It'ja sur une fraction des vieux (Uiui|ieiueas des uingiiats; le prince de Suède, luthérien, dont le père avait épouse la sœur de Sijïisinond-Augustc ; le due de Prusse , de la niéuie eoniniunion; le priuee de Trans> Ivanie, pauvre, mais de cette race de rois qui s'élèvent par leur épéc ; enfin le prince Ernest, fils de l'enipereur Maxiniilien, calholiiine modéré et que le légat Conimendon et IMiilippe II portaient de toutes leurs forces pour l'opposer aux personnifications diverses du systèiue de la nforme.
Les instructions de l'évéque de Valence furent rédigées de concert entre Catherine et le conseil oij dominait l'amiral Coligny ; il devait proposer sagement auv Ktats dudit pays « les grands biens, profits, commodités et utilité que peu>ent re(;evoir le royaume et subjecLs d'iceluy eu élisant mondict seigneur pour leur roy; à cause premièrement do la grande et illustre maison dont il est issu; en second, la sagesse qui est en luy |)our gouverner un Kslat; ensuite l'expérience qu'il a aux allaires de la guerre, et en quatrième la grande réputation que par ses faicls généreux il a acquise envers les puissances étrangères. A quoi il se pourra encore adjoustcr cette p;irlicularité, que la nation polonaise eliuit pleine de grande ilouceur et gcncrosilé et aimant la justice connue elle l'aime, elle ne peut lond>er sous le gouver-
280 INSTRUCTIOINS POl'U LV POIOOINE (1573).
iicinent de prince qui d'ineliiiation naturelle ait les mœurs et conditions si approchantes aux siennes. Se pouvant bien dire aussi en vérité que s'il V a quelque convenance et conformité de mœurs entre aucune nation du monde, elle se trouvera ]>lutAt entre la nation Françoise et la Pologne que mille autre, estant toutes deux pleines de grande humanité et douce conversation. M. de Valence assureroit les Polonois que ledict seigneur, en montant sur le trône, n'oubliera rien de son devoir et prudence pour maintenir ledict royaume en paix avec tous ses voisins, même avec le Turc, en quoi Sa Majesté de France interviendra et s'cmployera. Sadictc Majesté s'engage aussi à faire renlrer la Valachie sous la domination du royaume de Pologne, soit amiablement, soit par la force. En cas de guerre avec le royaume de Pologne par quelle puissance que ce soit, sadictc Maje^é secourra ledict royaume en hommes et en argent, avant grand espoir que telle union de forces inspirera grande terreur et crainte aux ennemis. Par telle union , on remontreroit que la mer seroit à la dévotion des deux nations, ce qui tiendroit en crainteceuxquinevoudroient pasdenieurer amis. Le sieur de Valence expliqueroit bien la bonne et grosse fortune dudict seigneur, possédant trois dueliés et plusieurs comtés d'un revenu de '-ÎOO mille es(Mis pour le moins, desquels il peut exercer sa libéralité envers les gentilshommes et autres per-
CONDITIONS DE L'ÉLKCTlON (1573). 'iSl
sonnes «iii'il lui plairn. Lcdict seijjneur, (jui n'a (jue vingt-d(Mix ans, s\"n<Tageroil à pmidreleninie selon la volonté des lotats de Pologne, soit dedans, soit dehors du ro\aunie *. ■
Coninie il lallail nettenienl poser les eondilions réciproques auxquelles la couronne serait donnée et acceptée, on convint des bases suivantes (romme premier élément do toute élection : • Il se fera une constitution et alliance {)erpétuelle entre les deux rovauiues ; pour la coniMiodile de la navigation . on introduira mutuel trafic et commerce, et si besoin est pour la sûreté d'iceux, il s'entretiendra uncarmade; le pays de Valachie sera resduit en la disposition des Polonois; tout ce qui a été occupé par le Moscovite sera récupéré tant en Lithuauie (|ue Livonie, et pour ce faire, on soldera quatre mille Gascons; le duché d'Anjou demeurera héréditaire. Seront apportés a l'entrée deu\ millions d'or, 'H puis eon.séculivenient trois cent mille cscus ; on élèvera cent gentilshommes tant ès-leltres qu'à la discipline militaire; l'Académie et Université de Cracovie sera restituée en V transportant gens doctes et savans ; les Polonais seront entretenus en leurs droits, privilèges, franchises, ayant esgard aux \ieux locaux et fidèles serviteurs, récompensanl ceux qui ne I auront pas esté **. " La reine Catherine remit a ré\é(iue do
• Mss. de CaluTO , in- i" parchem. ro(. '"•'•'/A . loi. 2\ . " Mss. deLolbctt, %ol. 338, in-fol. M. U. pag. 37.