EFFETS DE LA S-MARTII. E>' POLOGNE
son bon omI (lejjuis t[u"il est sorti du ljrr(;eau; et le eroirois-je eneore moins de vous, Madame. Je vous supplie donc vouloir faire eognoislre a un ehascun , que le roy ni vous ne m'eslimcz ni nie tenez pour traistre ni rebelle, et ijue je puisse vivre sous voire protection *. »
Montiuo , (juoique dt nonce, continua sa route pour la Pologne. La Saint-Barthélemy y avait changé la nature des rapports avec les partis. On accusait Charles IX , et plus encore le duc d'Anjou , d'avoir trempé les mains dans le sang de l'amiral, chef avoué du calvinisme en France; on les signalait comme les auteurs de ce massacre (|ui soulevaitlindignation de 1 Allemagne ;faliait-il jeter une «'ouronnc au duo d'Anjou pour ([iiil l'ensanglanlàt encore? (juelles que lussent le* justifications publiées par M. de Schomberg et révèijue de Valence, la séparation était désormais complète, invariable. Alors devait se rapprocher la fraction catholii[ue des électeurs .sous la inaiii du légat (ionnneudon. U\ négociation changeait ainsi d'asjiect ; elle prenait un autre caractère; Ton adjoignit à l'évéque de Valence les sieurs de Lansac et Delisle. Ln dextérité du nain Crasoski eifaça tout ce que celte position nouvelle pouvait avoir d'embarrassant. Crasoski écrivait à la reine-
* >ÏM. de Balme, in-4". pnrchem. vol. i-of. ""''/ A, fol. 13.
284 DÉPÊCHE DU ?«AIIV CRASOSKl (1573).
mère sur la marche de l'élection : « Les Allemands ont ici plus de (juatre eents envoyés secrets; ils voient ([ue leur allaireva mal ; ils ont sur-le-champ ré[)andu un escrit de la mort de Tadmiral : ils allirment que Sa Majesté et Monsieur <;ouroienJ les rues de Paris en armes, en criant : Tuez les hugiieno's. Ils ont escrit qu'on en avoit tué quatrevingt mille et plus , de laquelle chose, Madame, nous avons été peu étonnés , vu leur nuiuvaise intention. Mais les huguenots, (jui sont en grand nombre dans ce royaume, entendant cela, se sont séparés de notre parti , et sont comme l'oiseau dans l'air, ne sachant où se reposer. Vostre Majesté peut être sûre qvie je ne manquerai aucune occasion pour leur faire passer la grande tristesse qu'ils ont; je vous ferai toutes sortes de bons et humbles services, et avec l'aide de Dieu , les choses iront bien. Je seroisallé vous voir, mais le seigneur de Valence , voire ambassadeur , me relient auprès de lui , en disant que je suis utile en ce lieu au service de la couronne de France, et je lui obéis *. »
Le nain vint plusieurs fois a Paris visiter Catherine de Médicis, et chaque fois il emportait des Idanes seings , des promesses et surtout des lettres de change au profil de ceu\ des électeurs qui se
■ Mss. rie (".«llxrl, pièces originales , iii-lbl M. U. D. \o\. col. '6oS, |mj. '6Ô.
1^LF.CTI0:H 1)U duc D•A^.IOU (1573). 285
montraient incertains; chaque fois aussi il racontait « SCS souvenirs des mœurs françoises, des veilles d'amour , des doux romans de chevalerie, de ce brave duc d'Anjou dont les grands coups d'c- I>ée rctentissoient dans les camps. S'il y avoit guerre contre les Moscovites et les Turcs, que i;e fcroit pas ceste ficre et digne chevalerie sous un chef qui avoit vaincu à Montcontour et à Jarnac ? La France estoit l'alliée la plus simple de la Pologne, parce qu'elle étoit la plus désintéressée; elle seroit la plus utile dans la guerre ; elle no pouvoit convoiter leterritoire et pourtant envoyer sa bonne chevalerie pour le défendre. » Ces motifs et les promesses secrètes du conseil de Catherine de Médicis, déterminèrent l'élection du duc d'Anjou au trône de Pologne; elle fut proclamée dans la dièle de Varsovie, et l'évèque de Valence se hâta d'en donner avisa la rcine-nicre par une dé()èche chitVrée. « Monseigneur le duc d'Anjou a esté eslu, et ce n'est pas sans peine *. » Divers
. * Mss. Foiitanicii. — 30 mai 1573 , Catherine de Médùit OH tiiarérhal Damcille , ms». de ll^lhiiiif , \ol col. 8712, fol. 73. Elle lui aniKiiice la conrinnalion de l'élection de bon fils au royaume de Polof^ne • doitt je veux croire que recevrez un particulier contentement; vous priant donner ordre partout vostre {rou\crnenient à faire faire tuulc8 sorti s d'allégresses et remerciemens à Dieu pour luules le» gri.ees (ju'il lui a phi faire à ce royaume , espérant i|ue ce bienfaiet sera cause du lepos d'iceluy. » — 7 jnin 1573.