‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 86 sur 113 · CONJURATION DE L\ MOLE · texte numérisé non relu

CONJURATION DE L\ MOLE

sieurs villes du Languedoc et sur La Rochelle ; la cour ne voulait déjà plus des conditions concédées aux huguenots. Catherine de Médicis manifestait des craintes , exercîuit une surveillance attentive: «La royne-nière donna à entendre que le sieur duc son iils avoit des gens cachés dans sa chambre et garde-robe pour exécuter quelque mauvais dessein , dont elle lui avoit auparavant jeté le chat aux jambes à Soissons. De faict, comme lors elle avoit couru les rues toute la nuict, aussi alla-t-elle en personne fouiller les chandjres et garde-robes ])Our voir s'il y auroit quelqu'un qui lui fust suspect *. »

Les personnages actifs et en nom dans la conjuration contre le conseil étaient Joscjjh de Boniface, sieur de La Mole, gentilhomme provençal, et le comte de Coconnas , d'origine piémontaise; l'un et l'autre bons catholifiues , mais liés aux politiques par leurs souvenirs et leur affection. Le château de Saint-Germain était alors tout entier a la disposition de la maison de Guise ; c'était là que se trouvaient le roi , sa mère , le conseil ; un coup bien dirigé pouvait tous les livrer aux mains des politiques. La pensée de la conjuration d'Amboise .se reproduisait à toutes les entreprises des

* « (loinmciiceiiieiit des |)oliti(|ucs (|uoii aj)|ifllt' , et des divers clianp.cmcns advenus de))uis. » Paris , 1574 ( brochure).

Ft'lTK DE SAlM-r.KlOIAlN (1574). 3!7

Imgucuuls. Dans ces tciups (l'alleclioa monarchique , enlever le roi paraissait le seul nioven |»nur arriver au pouvoir : « On lut a(l\erti (juc deux à trois eents ehevauv estoicnt à douze ou (juinze lieues de là. Cela advint sur la fia de lévrier lo74. Cependant les plus clairvoyans , (|uoi({u'ils n'entendissent tout, jugeoienl (jue le ducd'Alençon avoit lait assembler celle troupe avec résolution de s'en aller avec eux et se retirer de la cour, voyant la manifeste défiance (ju'on avoit de luy, et par conséquent le danger esvident où il estoit (le sa personne, joinrt au grand bruit qui couroit à Paris et à la cour , juscjues auv pages et auv laquais , qu'on devoit bientost l'aire à Sainct-Gerinain une autre journée Sainct-Harlhélcmy. Mais la rovric-mére et ses conseillers prenant cela f» leur advantage, et bien joyeux de telle occasion (ju'ils firent bien servir depuis à la confirmation de ce qu'ils voulurent imposer au duc d'Alencon et au roy de Navarre, afin de leur osier tout maniement et les tenir à leur mcr«"i , disent et publient ([ue c'estoient des gens assemblé.s en armes pour venir tuerie roy, sa mère et son conseil. Pour rendre cela plus rrovable , tous (hormis le roy (jui lut persuadé par aucuns de ne bouger) deslogèrent à graiule haste de Sainel- (lermain , depuis les neul' heures du soir jus{pi"à la minuict vers Paris ; les uns par les bacs et les autres par le costé de Sainct-Cloud : les uns m

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