POLICE DES GENS DE GUERRE
sioiis inesrae es environ tle la ville de Paris; Callicriiie défendait à tous « capilaines, licutenans et autres ayant charjje dcsdiets «jens de guerre, tant de cheval que de pied, de ne les loger, eux et leurs coiupagnies, di\ lieues à la ronde de ladiete ville de Paris , et tous ceux qui y estoient dévoient desloger dedans vingt-quatre heures, ordonnant au prevosl de Paris, prevost des maréchaux et autres, de faire garder la présente ordonnance sous peine destre cassés et destitués . ]>erinet(ant pour l'exécution d'icelle d'assembler le peuple à son de tocsin pour courir sus et tailler en pièces les gens de guerre qui y contrcviendroient. Tout capitaine, licutenans et autres chefs ayant garde desdicts gens de guerre ne dévoient dorénavant partir de leurs garnisons ni des armées où ils estoient pour aller en autres lieux , sans un comniandenicnt valable : avant de partir ils enverroicnt advis aux gouverneurs des provinces par lesquelles ils devront passer , lesquels enverroicnt de sages et advisés personnages pour aller au-devant desdicts gens de guerre et les conduire et mener. Voulant et ordonnant aussi ladicte dame que lors(jue iceux gens de guerre marcheront, ils soient tons en bon ordre, en une nicsmc troupe, portant les hocquetons et casaques de livrées, sans s'écartera droictcni à gauche, et qu'ils se comportent sans faire aucune foule et oppression au peuple; sur pcijie, les capitaines
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d'estre cassés et iiidijîncs de jamais coniniaiider et les «rens do {tiuti-c ])uiiis de mort sans aucune aulre l'orme de procès*. » Ces lettres étaient adressées au prévôt de Paris ou à son lieutenant , afin qu'ils eussent à les faire étroitement garder ; puis, a tous les gouverneurs . pour empêcher les prises d'armes dans les provinces, s'il était possible; et auv lieutenans criminels et de robe courte pour les faire observer de point en point , »'hacun en son regard: les baillis, scnccliaux, pre\ots. devaient les faire lire et publier à son de trompe et cri publie. CiiKj autres ordonnances restent encore de cette régence de ("atherine de Médicis ; la première conlirmait les beaux privilèges des marchands de vins, taverniers et cabarctiers de Paris**; une aulre défendait de transporter l'or et l'argent hors du royaume ***; la troisièuu» était relative au mode d'un im|)ôt dedeiix millions a lever sur le clergé de France*"*. Des lettres patentes conlirnu-rcnt dans leurs oflices les maîtres de la chambre des comptes , créés à l'occasion du joyeux avènement , et ])ar une déclaration du 24 août, il fut enjoint à toute personne d'ouvrir leurs caves une fois l'an
' Uiblioth.duroi: Recueil de piôccs iii-8", vol col. L '*'''^/* pièce 2*2. — Fosnso:» , t. i\, p. 839. *' Ueg. du |iarleiuoiit, vol. '1 II, fol. i. *** Reg. de la cour des iiioiiiiiiifs , T, fol. 'iîi. "" Rcg. du parleuicul, vol. 2 G, fol. 198.
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aux fermiers de l'iiupùt de cinq sols par chaque muid de vin *.
C'étaient là des actes de simple administration; la politique allait ])lus loin. On a vu les efl'orts ({uavait laits le comte de Montjjommery , pour réveiller en Normandie la vieille conlVaternite d'armes et des blasons de la con(|uète; la correspondance suivie de Charles IX et de Catherine de Médicis, surtout avec M. de Matignon , signalait toute l'inquiétude que donnait au conseil cette expédition favorisée par Elisabeth. Sur les premiers avis des préparatifs qu'on faisait en Angleterre pour envahir la INormandie, Catherine écrivit à M. de Matignon : « Je me doute fort que toutes ces maim'uvrcs sont pour une entreprise sur les villes et places du roy, monsieur mon fds, et pour secourir ceux qui ont pris les armes eu Normandie : M. de 3Iatignon, je vous prie incontinent ne faillir de donner si bon ordre en l'estendue de vostre charge , qu'il n'y puisse advenir aucun changement, étant aussi bon besoin au temps où nous sommes, que vous preniez pareillement bien garde autant au dedans que au dehors**. » Après
* CoBBiN , rec. des aides , pag. 734.
•• Mss. (le Réthune , vol. cot. 8764, fol. 34. — 19 niay 1574, Charles IX à M. de Maligiioii. — Mss. de IJélhune , vol. rot. 8764 , fol. 2 4 : x Attrape/, ce mnllu-ureux comie (jui est cause de tant de maux en ce royaume ; faicles eu
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dos eiVorls {;lori(ii\ \\\m> impuissans . Monlnfoinmcry avait sigiir une rapilulation honoral)li' di' vie et de charfîc sauves; cllf ne fut imiiil tenue, et son procès lui fut jtarlait au parlement de Paris. La tète de MoulfTOinmery tomba sur la jdace de Grève* , et les faiseurs de mémoires ont voulu voir dans eette evécution une ven{Tcanre personnelle de Catherine j)our le coup de lance qui . fracassant la visière du casque de Henri II, l'avait frappé de mort. Cet acte portait plus haut; il fallait ramener par des exemples sévères un pru d'ordre, un peu de police dans les provinces agitées. Li sévérité était indispensable au milieu de tiint de révoltes que la main pesante de Catherine devait réprinu-r, car en jclanl les yeux sur la France, elle nllrait alors le sjieclacle d'une réaction calviniste dans plusieurs de. ses provinces.
La tactique de la reine-mère avait été tout ensorte qu'il ne seschappe poinct, cnr vous m'osteriei un bien grand plaisir que je ne sçauroi» vous dire , mais que vous le puissiez de Ijrcf en%oyor prisoi\nier à Taris , ou je di'sirc plus que nulle autre chose luy iaire bonne i-l exemplaire justice. Matignon, si vous me faicte» ce service de prendre Montgommery tout vif et me Tiimenex , je leslimerai un plus grand service (|uc l'on mesrauroit faire. •
* 2fi juin 1574. • Discours de la mort et exécution do Gabriel comte de .Monijnmmtry . par .irrest de la cour, pour les conspirations et menées par lui commises contre li- rny et son Estai. • I.von , Benoisl Rigault.