‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 96 sur 113 · LE PARI.F.MF.M DE TOILOUSE · texte numérisé non relu

LE PARI.F.MF.M DE TOILOUSE

suadt's. » Toulouse et ses pieux habitans étaient dévoués au calholifisnie, à l'eucontrc des montaffuards, tous braves huguenots en armes. Le parlement avait reru l'avis d'une suspension d'hostilités entre le maréchal Bamville et les calvinisU's; il répondait par un arrêt: • La eour , attendu le défaut de puissance de ceu\ ([ui ont convenu et aceordé ladirte trêve et articles, et le dommage et préjudice qui seroit faict par le moyen d'iceu\ , tant en ce pays qu'à Testât universel de ce royaume et à Li défense commune, a déclaré n'y avoir lieu de publication desdicfs articles, et a faict inhibitions et défenses à tous sénéchaux, leurs licutcnaiis gouverneurs, magistrats, consuls et autres administrateurs des villes de ce dict ressort, d'iceux publier ny y obtempérer aucunement; leur enjoignant et à touîi autres subjectspour ledevoir delà fidélité qu'ils doivent à Sa Majesté et à la considération de Testât de ce royaume, aviser et prendre garde soigneusement sur les villes et lieux à eux commis et où ils ont charge et surintendance , à ce (|ue, sous quelque prétexte et occasion que ce soit, ils ne soient surpris, sur peine d'en respondre de leur vie*. » Ces défenses toutes cathoiifjues n'empêchaient point une fusion que des intérêts communs comman-

Exlrait des registres du parlement de Toulouse, l!» juin 1.574.

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350 m^m ET LES UEITRES (1574).

(laienl; les arliclcs en fiironl arrèlt's; et tandis que Moiitbruii (lélivrait le Dniijthiiié de rariuéc ea- Iholique, que Saiut-Roiuain soulevait lc\i\arais, les liugucnovs fixaient une assemblée centrale à Millaud pour délibérer sur l'état de la religion dans le royaume.

Dès que les calvinistes eurent ainsi établi en France un centre de correspondance , une autorité fixe , reconnue , à laquelle on pouvait s'adresser , le prince de Condé, alors en Allemagne, se bâta d'écrire à cette assemblée de Jlillaud afin d'arrêter avec elle un système de défense et d'attaque pour ressaisir le pouvoir. Les forces dont le prince de Condé disposait étaient grandes ; depuis son départ de France il sollicitait en Allemagne une levée de reitres; il ne lui fallait que de l'argent pour ramener sur le royaume ces bandes pillardes qui l'avaient nagjicrc sillonné. I.e prince écrivait de Heidelbcrg : « Messieurs , j'ai entendu comme il a plu à Dieu vous faire ceste grâce de non-seulement vous opposer vertueusementaux ennemis de vos vies et consciences, mais aussi vous employer pour la conservation du reste de vos pauvres frères , mesme jusques à avoir cueilli quelques bonnes sommes de deniers pour estre employées à la commune conservation de tous. Ft pour ce que je sçais que depuis qu'ave/, entendu comme Dieu m'a miraculeusement délivré , vous vous reposez sur moy de ce qui appnr-

ASSEMBLÉE DE Mll.EALU (1574). 3ôl

tient à oet eflect, j'ai donné churge et pouvoir coniinc je baille par ces présentes au porteur dicelles , nommé .N. L. l"., de i'inté{jrilé et suHisance ducjuel je suis bien asseuré , de reeevoir ladicte somme dont la présente vous servira d'aequit. Ce que j'aurai pour agréable comme si l'aviez vous-mesme délivrée en mes propres mains pourcstre entièrement et soudainement employée à la défense eonniiune de vous et de nous *. » Cette résistance générale s'organisa sur de larges bases dans l'assemblée de Millaud ; les polilifjues s'étaient mis eu rapport avec elle , et pour donner une plus grande force à leurs démarches, tous convinrent de reconnaître et proclamer la souveraineté de Henri III , sauf à s'emparer du conseil, comme ils l'avaient déjà fait sous le règne de Charles I\. Les articles arrêtés a Millaud , soit entre les l.glises réformées elles-mêmes, soit entre ces Églises et le parti politique, posaient les principes en vertu desquels les calvinistes prétendaient ressaisir le pouvoir en se rapprochant des modérés: «Le mareschal Damville, catholiijue paisible , et ceux de la religion dévoient oublier toutes offenses et injures passt''es ; en effacer et abolir à toujours la mémoire pour n'en jamais estre faict mention en quelle manière que ce soit ;

* Lettre du prince de Coudé à ceux de Languedoc , V df juillut 157 i.

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