ACCORD DE MILLAUD
reprendre leur ancienne amitié, se rejoindre en entière communion et usage libre de toutes choses civiles et reçues en bonne intelligence ; promettre et jurer de ne faire plus guerre ny injures les uns les autres; poursuivre vivement la restauration du bon estât de ce royaume, et mettre en liberté messeigneurs le duc d'Alençon . frère de Sa Majesté , et le roy de Navarre. Ceux de la religion offrent très-humblement audict luareschal leurs personne , biens, moyens et pouvoirs , pour obéir à ses bons commandemens , le recognoissant pour leur gouverneur général. Et puisqu'il a plu à Dieu d'appeler le feu roy , ils entendent recognoistre pour leur roy et souverain seigneur monseigneur le duc d'Anjou , roy de Pologne , vrai et naturel héritier de ceste couronne , sont résolus de lui rendre très-humble sujétion et le servir fidèlement *. » Ensuite les calvinistes imposaient des conditions , demandaient des gages de sûreté. « On ne devrait rien innover à l'état dans lequel ils se trouvaient; on n'introduirait en aucun des lieux qu'ils occupaient, l'exercice de l'Eglise romaine et papislique ; le maréchal seriùt bien reconnu pour chef,
* Novembre 1574 , les articles de l'miioii faito i)ar )1. le maréchal de DaiTiville avec ceux du Languedoc après rassemblée de MMIaud. — Mss. de Colbcrt , vol. 29 , gros reg. e:i |)ar('hciniii.
LKS rui.ni^jLLS LT Lis llL(.Ll.M)iS (1.J74). 35J
luitis il devrait se soiiiuettre à rautorité des |it'mees du sa?i[;. Pour Tevereiee de son ]>ou\oir , il lui serait donné un eonseil de six ou huit personnes , ou autre nombre qu'il sera avisé, par l'avis duquel toutes Icsaflaires importantes seraient délibérées ; les secrétaires du niarécbal devaient être pris parmi les calvinistes ; ledit maréchal baillerait et accorderait au plus tôt auxdits de la relifjion la fjarde de certaines bonnes villes dans lesquelles il n'y aurait autres forces et {gouverneurs que ceux de la relij;ion et dans les(juelles ils pourront faire l'exercice d'icelle librement; et dans les autres villes (jui ne sont possédées par les calvinistes, chacun pourrait exercer sa libre communion. On nommerait un receveur et contrôleur général pour la recette et distribution de toute espèce de deniers, et sera rendu bon et loyal compte par un certain nondjre d'auditeurs tant catholi(jues (juc de la religion ; on dresserait déclaration des causes qui avaient amené l'union ; elle serait imprimée et envoyée tant p;ir la France (|ue par r\llemagne ;« plaira aussi audi<'t seigneur mareschal de faire entretenir les ordonnances anciennes et modernes ct)ntre les blasphèmes et juremens exécrables , et ne permettre les paillardes a la suite de son armée*, »
• Article!) dresses en rassemblée de Millaud <-ii Uoiici' {jue, au iiiui!) d'aoust 1574, et iircseutésparctux delà rdiciuii
yo.
354 ACCORD DE MIILAUD (1574).
Ces ooijcessionsmutuelles doiiiiaient une grande l'orec à l'opposition huguenote contre le système de Catherine de Médicis ; on pouvait agir avec ordre, dirigé par une assemblée commune. Les calvinistes avaient leurs représcntans à Millaud ; les ])olitiques exigeaient la convocation des Ktats- Généraux pour sérieusement examiner la question de régence de Catherine de Médicis et surtout pour préparer une réforme d'abus. Ce n'était plus seulement les forces de la France qu'on avait à repousser, mais encore les reitres du prince de Condé qui se réunissaient aux bords du Rhin et de la Meuse. Dans cette situation difficile, Catherine levait des archers , négociait pour obtenir des arquebusiers suisses dans les cantons catholi([ues; elle appelaitàson aide les bonnes villes et la gentilhommerie de cour ; elle pressait enfin le retour de Henri lit , car elle voulait placer ses mesures sous la couronne royale.
à M. le maréchal de Damville, gouverneur du Languedoc.» ( Brochure. ) — « 9 aoust et 3 novembre 1574 , déclaratiou et protestation de nionseig. de Damville , maréchal de France, aveo la protestation des Églises réformées de France assemblées à Millaud en Roucrgue sur les troubles du présent. » Ribl. du Roi, lec. de pièces in-8. parch. coté L 1358 pièce 12.