MOUT DU CARDINAL DE LORRAINE
lies blancs qui cstoient ccn\ du roy , des noirs qui esloieiit ceux de la ri»\uc, et des bleus qui estoiont ceux du cardinal d'Armagnac *. » Le roi de Navarre jouait toujours un rùle de dissimuialion ; il donne partout et pour tout des gages de son catholicisme : il s'associe au pouvoir nouveau qui s'élève.
Ce fut à la suite d'une de ces processions que mourut le cardinal de Lorraine , l'expression la plus vive de l'opinion catlioli(iue : « Le dimanche 29 décembre , a ciurj heures du nia-
n MM. de Paris et autres catholiques de France sur les nou- \vaux desseins d'aucuns rclicUes et séditieux iiagiivrcsdesroD\er(s, Ies<]uels, sous couleur et prétexte ([u'ils disent en vouloir auxecclésiasttques et \ouloir réformer le royaume, (-(inspirent contre le roy et sou Estât. • Taris , eu la rue Sainct-Jacques , à l'image Sainct-Martin. 1574. — • Arresl mémorable de la cour de parlement de Dole donné a l'encoiilre de Cilles (.arnier, Lyonnois , pour a\oir eu forme «le loup-garou dévoré ])lusicurs enfans et commis autres crimes; enrichis d'aucuns poiuct.s recueillis de divers auteurs pour eselaircir la manière tic telle Irunsfurmatioii. a Paris, par Pierre Deshayes, imprimeur, près la porte Saincf- '•arccl. 1574. — «Histoire horrible et cspouvnntahle d'un enfant , lequel , après avoir meurtri et cstranglé son père , enfin le pendit. Et ce advenu au pays des Suisses, près la ville de Derne ,3 avril 1574 , eiucniUlc les ligures dudiet meurtre. ' Traduit irallemand en frnnçois. Paris, Jean de lustre, libraire.
* Jouriiuldc /[enn III, édilionde 171'», (oni. I, png lOlj
;i68 CAUACTÈKE DU ( AUDl^xVL Dt I.ORUAlINt (157 4).
tin , Charles, cardinal de Lorraine , àjijé de cii»- (juante ans, mourut en Avignon d'une fièvre syniptomée d'un extresnie mal de teste , provenu tlu serein d'Avignon, qui est fort dangereux , et luy avoit offensé le cerveau en la procession des Battus où il s'cstoit trouvé en grande dévotion , le crucifix en la main , les pieds à moitié nuds et la teste peu rouverte , qui est le poison «[u'on a voulu depuis faire accroire (juiluy avoit esté donné *. » Les pamphlets des deux partis se sont encore emparés de celte vie du chef ecclésiastique de la main de Guise pour l'exalter outre mesure ou traîner sa mémoire dans la boue. Tandis que les catholiques le considéraient comme « la gloire du sénat romain , le gardien de l'honneur de son pays , » et qu'ils disaient que la« mort auroit dû plustost mourir ([ue le bon esvesquc de Rhcims **, » les huguenots le
■ Journal </c //eMn///, édition de 1744, tom.I, pag. III.
** Charles esvesque de Reims, du sénat romain gloire ; L'honneur de son pays, aussi la sauvegarde, Cy-gist. Après , dira , (Hii verra sa mémoire : La mort devoit mourir qui par destin le darde.
Epilaplic de Charles . cardinal de Lorraine ; faicl franrois du latin île Pnpirius Masson , par iVicolas le Verger,' Champenois. Paris, Jean Rieher , libraire, rue Saint-Jean-delalran, a l'enseigne de lArhrc verdoya»', 1575.
M.VRCllK SIR HF-hlS (1574). 36!)
i'Om|>ar;\ient à la bote de l'Aiiocalypsc , s'cnivrant dos charmes impurs de Catherine de Médiris. J'ai trop parlé du cardinal de Lorraine pour qu'il soit ici nécessaire de suivre sa vie placée haut dans le mouvement politique de cette époque. Le clicl" tonsuré de la maison de Guise fut une des jjraiules figures de son temps dans le parti calliolicjue ; il dirigea le conseil au milieu des plus graves circonstances ; il man([uait de courage et de résolution : timide d'esprit et de penst'c. il n'osa rien de complet; il se contenta de cacher sa main dans la main de la rcine-mrre , a\ec hujuclle les huguenots lui supposèrent des relations de débauche. L'austère réformalion mullipliait ces dénonciations contre les prélats catholiques; elle arrachait le voile à la vie privée, j)Our la livrer à nu aux animosilés de leurs coreligionnaires et aux vives censures de la postérité.
Le catholicisme, «'tabli dans le conseil, se manifesta au dehors par un essai armé contre les j)laces fortes des caUinistes; en passant par le Daujihiné, Henri III et la gcnlilhommerie catholique donnèrent assaut a Liveron , mais sans succès , car* le roy vit l'opiniastre résolution des huguenots à se bien défendre , jusipics aux femmes (|ui combatloicnl a la brèche*. • En s'achimenant ainsi
' Journal lie llciiii III. édition île 174î,loni. I. pag 1 17.
•àlO MARCIII' SUR UI'IMS (1574).
veris la belle et grande oathcdrale de Reims pour le sacre , on offrait des giges au parti catholique sur lequel Henri lll allait s'appuyer pour son gouvernement.
CHAPlTRi: LU.