LES QUART£I\IERS A PHILIPPE II
faict une forme d'Estats qui consistent des trois ordres de la France. Sur toute chose , faut , en attendant, conserver Paris comme la ville capitale , et en laquelle réside le principal siège de la religion et de la resputation de l'Estat; car si elle estoit perdue, il se feroit une merveilleuse altération es autres villes qui ont accoutumé de suivre en toute chose l'exemple de ladicte ville de Paris. Pour ceste cause , faut promptement renforcer la garnison d'estrangers, laquelle s'est desjà fort dissipée , soit par mort ou autrement. Seroit bon d'adviser s'il ne seroit pas plus expédient et salutaire que ladicte garnison fust composée toute d'Espagnols naturels seulement , pour esviter la contention qui peut survenir entre soldats de diverses nations : non pas que jusqu'ici et les uns et les autres ne se soient bien comportés modestement. Tout cela despend de la volonté de Sa Majesté catholique , laquelle devroit desjà avoir esté remerciée par une desputation de gens d'honneur à cet eflFect choisis par la ville de Paris, pour luy rendre grâce de tant de bienfaits , libéralités et obligations desquelles Paris luy est redevable et aux siens ; car il est certain que sans l'armée du roy catholique, sans les aumosneset bons advis du sieur Mendoça son ambassadeur , Paris n'avoit plus de religion , de vie, de biens, d'honneurs; bref, Paris n'étoit plus Paris. Et partant, ne faut si long- temps
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estre en ceste ingratitude que de ne luy en aller rendre grâce, et le supplier de vouloir continuer ses bonnes volontés envers ladicte ville , chose que l'on doit espérer que Sadicte Majesté fera , ayant montré qu'elle n'a rien en l'aine que secourir et subvenir à la religion affligée et aux vrais catholique? oppressés, n'ayant subject aucun d'ambition , luv ayant Dieu donné plus de grandeur en la terre que nul autre depuis Adam. Il ne se peut avec raison passer par oubliance le bien que ladicte ville a reçu de l'assistance de la garnison espagnole depuis le siège levé, ayant par leur moyen esté garantie des infinies entreprises que les ennemis de Dieu ont faictes sur ladicte ville , lesquelles , à la fin , l'eussent ruinée et perdue sans les gens de guerre de Sadicte fllajcsté. C'est ponrquoy il la faut honorablement remercier . afin qu'elle recognoisse que nous sentons et cognoissons tant d'obligations *. »
Cette garnison espagnole tant sollicitée par le peuple de Paris et son conseil de ville , pour la défense des privilèges de la cité , Philipj)e la promettait dans une autre de ses dépêches : « J. B. de Taxis ; j'envoye , ainsi qu'on l'a demandé , le secours dont a besoin le party catholique à Paris; le duc de Mayenne, après de tels enga-
* Archives de Simancas , col. H 71"". LetUe des seize de la Aille de Paris.
G.VRMSO tSPAfiXOLE A PAKIS (15'J2). 177
«jemens. ne reculera pas probablement devant la convocation des Estais. Vous nie ferez sçavoir si cinq mille hommes d'infanterie et quinze cents chevaux sont sutlisans pour assurer le calme, la liberté aux de^libérations desdicts Estats *. C'est pour le moment tout ce que l'on a pu distraire des régimens , dont on renouvellera les cadres au mo^ en de recrues levées en Allemagne. De telle sorte qu'avec ceste diversion de forces . celles que j'ay d'un s<:uts^> costé , et enfin l'armée de Mavcnne . Jious puissions obtenir le double but de contenir rennemy et d'obtenir un prompt succès aux Estats. Dictes bien au duc de Moyenne quel service il me rendra à moy personnellement** en hastant l'issue de ceste affaire ; ajoutez que l'argent ne luy manquera pas***; qu'il lui sera cnvové spécialement de Milan : les sommes sont j)restes, si je vois que les choses marchent vers l'exécution que je désire ****. Je vous ay laissé le maistre de disposer encore d'une somme de 200,000 escus pour nous rendre favorables les François récalcitrants *****, ou pour distribuera ceux qui rendront quelques services importans,
' Y se asegiiren los estadns y resueha en eUos Ubiemcnle lo que convieue.
" El sereii io que liara a me.
'*' Que no falln aca cuydadode que ayadiiiciv para cllu.
**" Sise ve que se camiua a la e.recucion.
***** Malronleiiloi.