LE DUC DE MAYENNE ET L'ESPAGNE
qu'aux cent mille escus de rente , à prendre sur le revenu de Champagne, lui présentant au lieu du gouvernement de Champagne celui de Normandie. Le cardinal de Plaisance faict tout ce qu'il peut pour accommoder les afiaires ; mais ledict de Mayenne le tient peur partial , et croit que pour le gagner on luy a donné espérance de le faire parvenir à estre un jour pape. L'on a continué de consulter et conférer tous les. jours, et finalement la résolution de M. de Mayenne a esté qu'il estoit content de signer avec les autres officiers de la couronne une promesse qui sera tenue secrète de nommer et choisir pour roy et royne des François M. de Guise et l'Infante, quand ils verront assurances suffisantes pour le mariage proposé , et des forces et moyens pour pouvoir résister à l'ennemi , et faire ladicte résolution et nomination dès à présent. Dans la vérité, ledict duc de Mayenne est tant enflé d'ambition qu'il ne consentira jamais que l'on viewne à choisir un roy autre que luy ; il est ennemy de tous ceux qui veulent en nommer autre ; encore (ju'il dise de faire ladicte promesse par escrit , j'ay opinion qu'il ne le fera jamais. Madame de Mayenne ne s'est pu tenir de me dire qu'il ne consentira jamais que le duc de Guise ait la couronne *.. »
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