POUVOIRS DU DUC DE FEUIA
je ne me suis par borné là ; j'ay envoyé auprès de vous un personnage de la qualité , de l'importance du duc de Feria , pour qu'il assistas! en mon nom au\ Estats , et pour qu'ils ne se séparassent pas sans avoir pris une résolution définitive : eslire un roy aussi catholique que les circonstances présentes l'exigent , afin que le royaume de France remonte à ce haut degré de splendeur religieuse qu'il occupoit autrefois. Vous saisirez, j'espère , l'occasion qui se présente de me payer de tout ce que me doit la France , et cela autant dans vostre intérest que dans le mien qui est aussi celuy de vostre pays. Plein de ceste pensée, j'espère vous voir mettre au grand jour les preuves de tout ce que peut inspirer le zèle du service de Dieu, zèle que vous avez si bien soutenu jusqu'à ce jour. C'est là le moyen de salut, le chemin de la victoire, ainsi que vous le dira le duc de Feria, auquel je remets ces pleins pouvoirs *. I)
Il n'était pas un parti à Paris qui ne se tournât vers le roi d'Espagne, parce que là étaient les deux grands mobiles dans le mouvement qui se préparait : l'argent et les hommes de guerre. Le duc de Mayenne , antipathique de droits et d'intérêts avec Philippe II , avait confié une ambas-
*Archi>csde Simancas, rot. A 57"'^. — Pliilippe II aux Étals-GénérHux de France.