‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 65 sur 202 · LE DUC DE MAYENNE ET PHILIPPE II · texte numérisé non relu

LE DUC DE MAYENNE ET PHILIPPE II

sade spéciale au présirlcnt Jeannin auprès de ce prince, et les conditions que sollicitait le duc de Mayenne pour soutenir les prétentions de l'infante se trouvent encore dans les archives de Simancas. » Sa Majesté catholique est suppliée de la part de monseigneur le duc de Mayenne, au nom de tous les catholiques-unis de la France, de leur vouloir accorder pour quelque temps l'entretenement de deux armées conduites |»ar tels chefs qu'il luy plaira , et si elle l'a agréable , l'une par monseigneur le duc de Parme, l'autre par mondict seigneur le duc de Mayenne, qui soient les deuv ensemble de trente-six ou quarante mille hommes de pied francois; six ou huit mille Suisses, pour entretenir les cantons catholiques de cestc nation recherchée bien fort par l'cnneray, en raffectlon qu'ils ontànostrc party , et le reste do telle nation et tout ainsi que Sa Majesté jugera pour le mieux. Que l'une de «-es deux armées ayt charge de s'opposer au prince de Béarn , de renq)escher d'entreprendre , et faire mieux si l'occasion s'en offre. L'autre qui pourra estre moindre s'employera à assiéger places et commencera par la liberté entière de Paris. Que les deniers ne soient point deslivrés comme du })assé hors de saison avec tant de change et intérests . perte sur les espèces et dommage très-grand pour les avoir d'un lieu en un autre , qui a souvent el presque tousjours faict consommer le tiers ou le

INSTRUCTIOINS DU PRÉSiDElNT JEVINNIN 1591). 99

quart de l'argent contre l'intention de Sa Majesté quineJaisse de faire la despense et toutefois n'en est pas si bien servie , ny la cause si bien secourue. Outre la force doTjt nous avons besoin , il est aussi du tout nécessaire (jue nous ayons un roy catholique, car les François accoutnmés à ceste façon de gouvernement ne peuvent plus estre maintenus en aucune obéissance et devoir que par le respect de ce nom , titre et dignité : seulement on n'est pas d'accord sur celui qu'ils doivent appeler à ceste dignité. Sa Majesté en fera , s'il luy plaist, le jugeiuent et le choix. Aucuns sont d'advis , avant que de venir à l'eslectiou d'un nouveau roy, qu'il faudroit prier et requérir le prince de Béarn de retourner à l'Eglise, afin que par son refus duquel ils se disent estre assurés , il soit abandonné des catholiques qui le suivent. Mais les plus aliectionnés catholiques, qui ne le veulent point recognoistre pour ce qu'il est hérétique , et ne se peuvent fier en sa conversion quand il la feroit , rejettent du tout ce conseil qui lui mettroit eu main le moyen de nous tromper. Les autres tiennent ceste opinion , et le iu)mbre en est grand , qu'il se faudroit arrester h un prince catholique de la nuiison de Bourbon, comme estant ceste famille appelée par les loyx à la couronne. C'est à Sa Majesté de juger s'il y a sûreté ou uon, et si son alliance, s'il luy jilaisoit l'en honorer, pourroit su dire pour luy oster

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