INSTRUCTIONS AU DUC DE FERIA
(lu duc de Parme *. Au reste, un compte existe; il en résulte que l'entretien de deux armées ; grande et petite, en France, me couste deux cent soixante et un mille escus par mois, et la despense pour une nouvelle levée avec approvisionnement, deux cent quatre-vingt-douze mille
escus **.
C'était dans l'espérance d'une convocation prochaine des Etats que ces négociations étaient engagées. Le duc de Mayenne promettait sans cesse de les réunir, car les sollicitations de Philippe II étaient vives, pressantes, les Etats pouvant seuls décider la question de la couronne. Le duc de Mayenne signait des lettres de convocation, puis les contrcmandait ; d'un autre côté , les villes, toutes soumises à la liberté municipale, ne tenaient pas à ces réunions générales qui leur enlevaient toujours quelque partie de leur indépendance de cités ; elles apportaient des longueurs, des empèchemens; elles ne permettaient ])as aux députés de traverser leurs murailles, de franchir leurs portes et leurs ponts-levis. Deux instructions furent envoyées par Philippe II au duc de Feria, pour sa conduite aux Etats-Généreux. L'une est patente, l'autre, secrète. Ou voit dans la première que l'élection d'un roi catho-
* Archives de Simanoas, cot. A 57^^^ (6 iiovcmbic 15'JI). ** Ibid., cot. A 57^'^''.
IINSTUUCTIOIVS A.U DUC DE l'ElUA (1592). IO;i
li([iic ardent est le but priiieipal de la mission du due de Feria : Point de rrjjence, ou cessation des secours de l'Espagne ; éloigneinent de tous les princes de la maison de lîourbon, et reconnaissance des droits de l'Infante. La minute de cette iustruction porte exclusion pour le prince de Béarn et polr ceux de la maison de bourbon qui l'avaient suivi *. Philippe II a souligné ces mots et il a ajouté à cette occasion la note suivante de
sa main ** :
« Il se pourroit qu'au moment où la question sera traitée, les membres de la maison de Bourbon ne suivissent pas le prince de Béarn, ou s'en l'u.ssent séparés, comme vous sçavez que l'a faict le cardinal; et pour ceste raison, je crois qu'il seroit mieux d'eflacer les mots que j'ay souslignés***. .
L'instruction secrète est toute couverte de notes marginales de la main de Philippe IL « Pour bien vous fixer, écrit-il, lorsqu'il s'agit de choisir un roi de France, voici dans quel ordre vous devez poser vos préférences : Vous soutiendrez d'abord l'eslcction de l'Infante. — 2" La mienne. — ^" Celle d'un de mes cousins d'Allemagne. —
* Y los otios (le la casa de Borbon que anilun cou cl que son todos.
" Archives (le Simancas, cot. A56'^'.
*** Y por cslo yu civo es mejot quilarlo raijado.