DÉPÊCHES DU DUC DE PARME
Le 20 décembre le due de Parme écrivait encore au roi : « J'ai reçu le paquet de Vostre 5Iajestédu 6 et 2-4 du passé : j'ay esté fort affligé de voir venir ceste despesche sans aucune prompte provision d'argent ; car estant Vostre Majesté si bien et clairement advertie de nos misères et de ce qu'il nous faut pour l'enlretenement des gens de guerre de cet Estât et de la France tant des vostres que de ceux de Mayenne , je ne sçais ce qu'il en sera de nous et comment nous pourrons faire le royal service de Vostre Majesté en aucun lieu , puisque le tout sera exposé au bénéfice de la fortune, en une saison et affaires qui devroient estre bien diff"érentes de ce qui est ; de sorte que je ne scais que dire, sinon que nous recommander à Nostre-Seigneur et en ses miracles, car autrement, il n'y a apparence , je ne dis pas d'obtenir ce que l'on prétend , mais encore de nuls bons succès *. »
Ce fat le lo janvier lo92 que le premier mouvement des Espagnols commença à s'effectuer sur les frontières; le diic de Parme s'empresse de l'écrire à Philippe II : « Sire ; je partis de Lanùrecy samedy dernier, et vins loger sur les limites de France ; et pour ce qu'il me falloit passer bien près de Guise , où estoient pour lors la duchesse et le duc son fils, il me sembla qu'en passant je
' Hss. Dupi.y, vol, 44. fol. 96 ^'\