LE DUC DE PARME ET MAYENNE
luy devois aller baiser les mains pour sçavoir quelle seroit son intention sur les affaires de ce royaume , ce que je fis : et à ce que je pus comprendre , par les propos de Madame qui me furent confirmés par l'évesque de Plaisance qui estoit avec elle, je cognus bien qu'elle ny son fils n'estoient aucunement contens du duc de Mayeune, se plaignant à moy du peu de compte qu'il avoit d'eux , disant qu'il ne faisoit son devoir à leur égard et qu'il prendroit plutost le chemin d'amoindrir que d'advancer l'auctorité du duc de Guise ; ayant la mère et le fils, d'après mon opinion , la prétention du premier grade de ce royaume. J'ay respondu à Madame ce qui nie semble propre pour le service de Vostre Majesté, luy disant que son fils seroit tousjours respecté et honoré comme il méritoit de ceux qui estoient icy pour le service de Vostre Majesté. Au moyen de quoy elle sembla apaisée. Sur le tard arriva le duc de Mayenne pour voir Madame , se trouver avec moy et traicter ce qu'il faudroit faire sur les choses plus pressées, et me semble que je l'ay trouvé plus retenu en ses paroles et avec plus d'ombrage et de soupçons qu'il n'avoit accoutumé, n'estant satisfaict de l'argent qui luy a esté baillé de la part de Vostre Majesté , et encore moins de la distribution qu'on en a faicte selon vos comniandemens, se plaignant de don Diego d'Ibarra , et en pariiculier de ce qu'il l'avoit suivi ceste der-