LUTHÉRANISME EN FRANCE
les feraient examiner par la Faculté de théologie *.
Jusqu'ici Berquin ne reçut d'autre peine que la nécessité d'une rétractation publique et la .défense absolue d'écrire sur toute espèce de matière ; il persista dans sa foi. Une seconde sentence ordonna qu'il aurait la langue percée; Berquin en appela au pape et au roi , et un troisième arrêt déclara qu'on le brûlerait vif sur la place de Grève. Cet acte barbare fut exécuté pendant que Jean Leclercq subissait à Meaux le même supplice pour crime d'hérésie. Quatorze réformateurs, qui évangêlisaient sur la place publique, furent également jetés à la fournaise ardente , pour me servir de l'expression de Beze **. Ainsi la réforme avait déjà profondément remué une partie des populations. Les villes de Lyon , Langres , Bourges, Poitiers, Autun, ïroyes, Issoudun , Rouen, Agen, Meaux, étaient devenues les sièges principaux de quelques petites écoles sacramentaires.
Il existait sur ce sol de la France labouré par la réforme des fermens d'anciennes hérésies qui devaient faciliter les innovations. La vieille Languedoc avait long-temps vu sous son beau ciel de troubadours et de cours plénières la grande
* 12 août 1523 , Collect. de la préfecture de police , livre rouge neuf , P 102, V°.
** Sponj)., ann. 1523, n" 15, et Erasmi, epist. de vitdet morte Liulov. Berquini. Lond. 1642, in-iol. Hv. xx, lett. 4".