‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 103 sur 185 · LE PARLEMENT CONTRE L'HÉRÉSIE · texte numérisé non relu

LE PARLEMENT CONTRE L'HÉRÉSIE

croyance des Albigeois * ; les campagnes de Lyon et du Dauphiné se souvenaient des pauvres de -Lyon , de Pierre Valelo , prédicateur des simples d'esprit parmi les champs ; et quoique la foi nouvelle ne proclamât point exactement les mêmes principes, ces doctrines se rapprochaient plus intimement de leurs antiques croyances que le catholicisme avec ses pompes superbes , son encens, ses fêtes somptueuses et sa hiérarchie de clercs opulens. Ainsi les érudits d'un côté, quelques riches bourgeois et une fraction de pauvres paysans , tels étaient dans son principe les éléraens de la réforme en France.

Deux actions puissantes luttaient contre la doctrine de Luther et quelquefois malgré le roi : les parlemens et l'Université. Les parlemens , avides de tout exercice de pouvoir , poursuivaient sans relâche l'hérésie : tandis que François P"" acceptait la dédicace des psaumes traduits en français par le spirituel Clément Marot, le parlement faisait défense à tout imprimeur de vendre aucun livre de l'Ecriture Sainte translaté sans sa permission**. C'était moins un principe religieux qui

* Leurs livres existaient encore au seizième siècle ; ils étaient un sujet d'étude pour les réformateurs. Voyez le résumé de leur croyance dans le tome \\\ , pag. i à 60 , de mon Histoire de Philippe-Auguste.

** Arrêt, 28 août 1525, Arclw.de la préfect. de police, niS9. du cardinal de Gesvres , tom. xiii, fol. 43i.

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l'animait , car dans son sein même il existait des élémens de réforme * , que le besoin de manifester son autorité et de se montrer rigide observateur des anciens statuts. L'Université était violente ; l'école s'y formulait d'abord dans dos thèses pour appeler ensuite des vengeances ; elle condamnait , frappait impitoyablement. Toujours en arrière du mouvement social , comme les vieux corps scientifiques , elle cherchait .à arrêter l'action des opinions par ses dissertations et par ses actes **. Il n'était pas un livre publié qu'elle n'examinât avec hauteur , qu'elle ne dénonçât aux tribunaux séculiers , qu'elle ne flétrît catholiquement de ses censures. Elle protégeait autant Aristote que la foi catholique, les formulaires surannés que les lois de l' Eglise , son autorité attaquée que l'édifice religieux. C'était pour l'Université une ennemie qui la menaçait de ruine que cet empire d'une raison indépendante secouant tout le passé scientifique de l'école. Ces deux institutions , le parlement et l'Université , prenaient la haute main dans la résistance catholique; elles essayaient le rôle de force, qu'elles jouèrent plus tard dans la ligue.

* Je parlerai plus loin du coup d'Etat catholique , et 'de la condamnation du conseiller Anne Dubourg.

** D'ARGEjiTEÉ, CoUect.judic. now. error. rapporte tous les jugemens de la Sorbonne.

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