‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 105 sur 185 · MARGUERITE DE NAVARRE · texte numérisé non relu

MARGUERITE DE NAVARRE

ment et de l'Université , ils trouvaient un refuge j 1 assuré auprès de la reine de Navarre , qui aimait à écouter leurs leçons. Les deux chapelains de Marguerite, Bertaud et Courant, professaient ouvertement le luthéranisme; elle aimait le ministre Quintin dont les doctrines plus hardies allaient bien au-delà de la réformation. Cette protection pour les hérétiques devint si publique , elie fut si souvent dénoncée , que François P' manda auprès de lui cette sœur qu'il chérissait, afin qu'elle se justifiât du soupçon d'hérésie. La reine de Navarre , pour toute réponse , conduisit François P"^ au sermon d'un curé nommé Lecoq , qui administrait l'église Saint-Eustache. Au milieu de Paris , Lecoq osa prêcher les doctrines de la réforme ; il s'écria en face du roi : « Qu'en ce qui touchait le saint sacrifice de la messe, il ne fallait pas s'arrêter aux vaines images de l'autel , mais s'élever en pensée jusqu'aux cieux où était Jésus-Christ. » François P'' né s'en offensa pas; il voulut même voir et entendre le prédicateur dans une conversation intime ,t Fontainebleau*.

Rien n'arrêtait la reine de Navarre; le caractère incontestable des opinions de la réforme était alors la traduction des livres saints en français.

* Florimond de RemoiND , (le VOiigine de l'hérésie en France , liv. vu, chap. m. Le bon historien s'indigne de cette grande licence.

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