‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 119 sur 185 · DÉCOURAGEMENT DE LUTHER · texte numérisé non relu

DÉCOURAGEMENT DE LUTHER

l'Eglise ; le vulgaire incertain se partage en des sentimens opposés , et, si le Christ n'avait promis d'être avec nous jusqu'à la consommation des siècles, je craindrais que la religion ne fût tout-à-fait détruite. »

Cette époque de tristesse et de découragement moral , Luther l'appelle le temps de ses sombres et pénibles tentations. Jamais théorie religieuse n'avait si puissamment agrandi l'action du diable ; c'est toujours cet esprit que Luther fait intervenir et parler quand il veut combattre ses adversaires ou peindre le désordre de son âme : « 0 mon ami ! écrit-il à Juste Jonas , je te conjure de ne point cesser de prier pour moi , afin que Jésus-Christ ne m'abandonne pas et qu'il ne permette pas que les tourmens que j'endure soient les tourmens des impies , mais ceux dont il éprouve ses enfans *. » La pensée de sa mission le préoccupait de telle sorte , que tout ce qui faisait sortir le mouvement de la réforme du cercle que lui-même avait tracé, suscitait dans son esprit ** altier le délire et la fureur même. Souxent, dans l'exaltation de ses dépits , il faisait un retour vers l'Eglise romaine : a J'avoue , s'écriait-il , que sous la papauté il s'est fait des choses bonnes et chrétiennes, et que nous

' Seckendorff. Comment, in Lulher. liv. ii, loin, i , pag. 116.

*' Epistol. Bohenh, liv. ii.

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