CONFÉRENCES ENTRE LES ÉCOLES
moigné un désir de rapprocher les deux écoles, les luthériens et les sacramentaires , dont ils étaient l'expression modérée; c'était la pensée du landgrave de Hesse, de Bucer, son plus fidèle conseiller *. Luther s'y opposait fortement, parce qu'il craignait que le résultat de la conférence ne fût favorable à l'opinion plus rationnelle des zwingliens, et qu'alors la direction du mouvement de la réformation ne lui échappât. » Plusieurs de ceux qui veulent entrer dans cette alliance, écrivait-il, s'appuient plus sur les bras de la chair que sur le secours de Dieu. Il y a de l'impiété à traiter pour la défense de la religion avec des hommes qui errent d'une manière capitale ; il faut réprimer les sacramentaires , comme on a dompté les anabaptistes, les violateurs detemples et les philosophes timides tels qu'Erasme**.» Les esprits avaient alors un trop grand besoin de conciliation pour que l'opinion absolue de Luther pût prévaloir : le landgrave persista; et une réunion de théologiens des communions dissidentes fut indiquée à Marbourg. Les conseillers de l'électeur avaient usé de précautions extrêmes , afin de ne pas placer en présence les sentiraens tenaces
* J. OEcoL\MPADi; . Philipp. in dialog. de re eucharistice, pag. 19, et epistol. Berthol. Hallers , 18 janvier 1530.
** La lettre d»i Luther est en manuscrit , archives de Wcimar. Comparez lIosriniE?i , Hist. sacr. paît, n , pag. 120.