LE PAPE ET L'EMPEREUR
doute soutenir que la question de l'autorité des conciles devait naturellement dépendre de la main qui les convoquait et des hommes qu'on y appellerait à siéger; mais pour le peuple, l'Eglise assemblée repondait à une vivesympathie d'opinionsj c'était un point d'arrêt.
Un acte d'habileté des pontifes fut de se rapprocher de l'empereur et de reconnaître son autorité souveraine. Ce qui avait surtout favorisé le protestantisme , c'étaicjit les querelles politiques dans lesquelles les papes s'étaient mêlés; elles avaient fait souvent une question religieuse de ce qui n'était qu'un point de rivalité. Le pape venait de sacrer Charles-Quint à Bologne *; et, dans un entretien intime, il lui avait peint les maux qui résultaient de la réforme. Dans ses distractions de la guerre , Charles-Quint n'avait songé que par intervalle à l'Allemagne; l'archiduc Ferdinand n'avait pas une autorité suflisante pour réprimer ce mouvement des esprits qui se liait désormais à la constitution politique de la Germanie. L'empereur avait compris que la séparation de l'Allemagne en deux croyances opposées ne permettrait jamais l'u-
* StEiDviv, 171 Comment, liv. vi, pag. 202. — Guich.vrdin , liv. XX. Voyez aussi l'écrit de Mélanchton , mss. n"' 355, 556, Biblioth. du Roi, collect. Dupiiy , sous ce titre : De congressu Bononiensi Carol. V. iiiiperat. cl Clément, poniif., nanatio scrijU. à Melniichlon. Je le crois de la main du célcbie professeur.