‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 142 sur 185 · CONFÉDÉRATION DE SMALKALDE · texte numérisé non relu

CONFÉDÉRATION DE SMALKALDE

Snialkalde ne serait pas une réunion pour discuter ou délibérer sur les croyances, mais purement et simplement une ligue de précautions contre les mesures militaires que l'empereur pourrait résoudre contre les réformateurs , à quelque communion qu'ils appartinssent *.

Cette ligue commença immédiatement à se dessiner comme corps politique en opposition avec l'empereur pour l'élection du roi des Romains. Charles-Quint songeait déjà à se donner un successeur. Dans ce vaste conflit qui embrasait l'Allemagne , tandis que tant de contrées appelaient sa sollicitude , il pensait que l'élection préparée d'avance d'un prince catholique conserverait plus religieusement ce caractère d'unité qu'il voulait imprimer: c'était alors une question fort grave pour le corps germanique. Les réformateurs sentaient aussi que si l'élection d'un prince catholique était consacrée , c'en était fait de leur avenir. En retardant cette élection , au contraire , ils se donnaient toutes les chances d'un succès ; car la réforme étant en progrès, devait naturellement tendre chaque année à s'agrandir et à prendre de nouvelles forces**.

Charles-Quint, tout rempli de son projet écrivit à l'électeur de Saxe pour qu'il se trouvât à la

*SiF.iD\», liv. vil, pag. 225. — Belcar. liv. xx , n" 35. **LrTHER , Epislol. ad Frecl. sax. J 2.

278 POUJISUITLS COîNTUK LÏS PROSTKSTANS (1531 ).

diète annoncée : la lettre autographe subsiste clans les archives de Weiniar* : « L'empereur , désirant réunir les électeurs dans la ville de Cologne , le 29 décembre , pour le choix: d'un roi des Romains, y appelle S. A. l'électeur de Sa\e. » Au lieu de répondre au souverain , et de venir à la convocation , l'électeur manda à tous ses confédérés qu'ils eussent à se rendre à Smalkalde , afin de défendre les privilèges delà constitution, lléunis , ils déclarèrent sansdissidence que rien n'était plus contraire aux droits du corps germanique que l'élection d'un roi des Romains dans des temjis oùlatètedu chef de l'Empire , pleine de vigueur et de vie encore , pouvait diriger les grandes destinées de l'Allemagne**.

Cette première tentative irrita Charles-Quint au lieu de l'éclairer sur la tendance générale du mouvement de la reforme qui allait se lier désormais avec les vieilles libertés germaniques et la défense des privilèges électoraux. Un édit conforme aux résolutions de la diète de Worms dépouilla de la graiule maîtrise de l'ordre Teutonique Albert deBrandebourg***, qui avait sécularisé ses propriétés et s'était fait chef politique alors qu'il embrassait le luthéranisme . Lachambrc inqjériale

* Sleidas , liv. vil , pag. 233. '

** Sleidas, liv. vil, pag. 34.

*** GoLDAsr., Const. i»ipcririlc.

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