NÉGOC. DE LA LIG. DE SMALKALDE
tirait les dix cercles de l'Empire dans l'état où ils se trouvaient alors. Un subside fut également stipulé; cent mille écus furent déposés dans les mains du duc de Bavière, qui dut les employer au cas prévu d'une attaque formelle contre les prérogatives électorales *.
Cette intervention du duc de Bavière , prince tout catholique, dans la stipulation du traité, témoigne hautement que la ligue de Smalkaldc allait devenir le centre d'un système de lîbertés germaniques , ojiposé aux prétentions absolues et dominatrices de Charles-Quint. Le seigneur de Langey , qui avait opéré cette fusion au profit de François l" , fut envoyé en yVnglelerrc pour obtenir une égale participation de Henri VIII. Ce prince conserva d'abord ses premières répugnances; plus tard il se décida à écrire à la confédération de Smalkalde , i)Our lui donner, sinon une adhésion formelle, au moins un encouragement.
Un traité spécial et secret avait été conclu par du Bellay entre le roi de France et le landgrave de Hesse, expression plus vive du parti protes-
* Mémoire et négociation de du Bellay, liv. i\. — Voyez aussi le petit livre (rès-rare : Trarislatinv , de latiti en français, des lettres écrites par le tris-chrétien roi de France François /"'' aux villes , provinces d'Allemagne , responsivcs ati.r ( alomnics siemècs par les mahcillans contre l'honneur de S. .11. Phiis , Rossct, lôo'i.
NÉGOCIATIOIV DE SMALKADE 1521). 283
laiil eti Allemajjno ; le landgrave avait visité la France , et dans une conférence intime avec François P"", il lui avait expliqué les dangers des envaliissemens successifs delà })uissance impériale sur les droits électoraux. Dans le traité conclu il ne s'agissait plus seulement d'un système défensif, comme il avait été stipulé à Smalkalde, mais d'une agression véritable contre Ferdinand élu roi des Romains , agression qui devait favoriser une tentative projetée par François P"' en Italie. Un subside de cent vingt mille écus était stipulé , et la cession du comté de Montbelliard cachait la nature du service exigé par François P"" des Allemands. Le landgrave commença les hostilités; le duché de Witteraberg fut arraché à la maison d'Autriche et rendu à son ancien duc Ulric * avec
* Indépendamment Aes Mémoires et négociations wa^Tiniés de du Bellay, j'ai trouvé plusieurs pièces inédites sur les transactions germaniques; en voici le sommaire: Lettres de Frédéric Palatin au grand viaiifo de Montntorcwnj, mss. de Béthune, vol. cotté 8593, Fol. 47. — Lettre de François I"^ h M. de Gerçais en Allemagne, ibid. vol. 8583, fol. 17. On trouve dans la même collection , vol. cotté 8525, fol. 46, le déchiffrement d'une dépêche au roi François l''"' au sujet des affaires du duc de AVittcniberg. C'est un agent officiel ([ui écrit : » M'étant rendu auprès des envoyés du roi Ferdinand , je leur déclarai avoir lettres et paroles de par vous comme allié commis pour la pacification du différent et discois d'entre le roi Ferdinand, Udal-
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une facilité si grande, que Charles-Quint, alors en Italie, prévit toute la portée d'une grande résistance de la ligue de Smalkalde. Des lettres pressantes appelèrent un arrangement à tout prix. Les propositions furent portées au landgrave de Hesse par l'électeur de Mayence. Un traité qui brisait toutes les dispositions rigoureuses de la dernière diète catholique fut arrêté. Charles- Quint subissait le fait accompli dans toute sa puissance. Il ne devait être permis aucune poursuite en matière de religion , et la chambre impériale s'abstiendrait désormais de frapper des condamnations, soit personnelles, soit territoriales, les choses restant en l'État; moyennant cette concession l'électeur de Save reconnaissait Ferdinand comme roi des Romains. Par un autre traité spé-
vick et Christophe duc de Wittembcrg. En cas que Ferdinand ne fit pas droit aux demandes des ducs de Wittembcrg, et qu'on fut obligé d'avoir recours à la guerre, on m'a fait cette ouverture, c'est que voulant iceux ducs de Wittemberg qui n'ont pas un écu recouvrer, vous requissent d'acheter d'eux le compté de Montbelliard et la place de Bramont. Il vous plaira, Sire, me faire entendre si de leur part on me parle de laditte vendition, ce que j'en devrais répondre ; et si me semble que par le moyen ci-dessus, lesd ils ducs de Wittemberg auraient argent de vous, et pour couleur achèteriez leur place tant et si chèrement qu'il vous plairait sauf que l'empereur s'en puisse justement plaindre; car il ne vous peut empêcher d'acquérir terre puisque vouf en trouvez à vendre, et qu'avez argent. »