CONSULTATION SUR LA POLYGAMIE
({lie nous a fait parvenir Votre Altesse , la peine de eorps et d'esprit dans laquelle elle se trouve; voii'i donc ce qu'il y a d'important : Votre Altesse comprend bien toute la difl'érencc qu'il existe entre une dispense pour un cas particulier et une loi générale qu'on établirait en principe ; si donc elle a entièrement résolu d'épouser une seconde femme, nous jugeons qu'elle doit le faire secrètement , c'est-à-dire qu'il n'y ait que la personne qu'elle épousera, et pas d'autres fidèles, qui le sachent ; au reste , les consciences prudentes aimeront toujours mieu\ cette vie modérée que les actions brutales et l'adultère public. C'est ainsi que nous l'approuvons, et dans les seules circonstances que nous venons de marquer ; car l'Évangile n'a ni défendu ni révoqué ce qui a été permis dans la loi de Moïse à l'égard du mariage. » Les autres peints de la consultation luthérienne tendaient à détourner le landgrave de sa vie scandaleuse qui blessait la pudeur des peuples *.
Cette condescendance de Luther pour la faiblesse du prince avait surtout en vue les liens protestans de la ligue de Smalkalde, Si cette ligue s'était montrée déterminée à écouter Charles- Quint comme prince séculier et à finir les diffé-
* La consultation est datée de Witleniberg , le merrredi après la ft'te de Saint-îVicolas, 1539. On y lit les dois signatures, Luther, Mélancliton , Buccr.