‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 169 sur 185 · CONCILE DE TRENTE (153S · texte numérisé non relu

CONCILE DE TRENTE (153S

dance au contraire était de se jeter dans les controverses de dogmes où brillait leur esprit et qui étaient eu rapport avec leurs études d'école. Charles-Quint se dégoûtait déjà de l'idée d'un concile qui pouvait troubler encore l' Allemagne. Le même prince qui en avait tant pressé la convocation , hésita un moment , et déposa dans le sein du légat toutes ses craintes d'avenir. « Maintenant , disait-il , les protestans sont en majorité dans l'Empire ; si nous prenons contre eux des résolutions, il faut avoir des forces pour les faire exécuter. Qui sait si une fois irrités il ne marcheront pas sur Rome pour la piller et enlever le pape ? » Ferdinand , roi des Romains , répéta à peu j)rès ces paroles. On voulait alarmer Paul III, l'entraîner dans un système de subsides au profit de Charles-Quint. Le pape disposait encore de vastes trésors , de nombreux hommes d'armes et des archers ; il pouvait fournir à l'empereur les forces sufllsantes pour arrêter cq qu'il appelait la dissolution du corps germanique*.

Le concile se réunissait lentement : personne n'allait à Trente avec la haute opinion de finir les troubles de l'Kglise; les évéques craignaient la réforme des mœurs, qui ne convenait pas à leurs douces habitudes; le pape redoutait la puissance des évèques, et avait recommandé à ses légats d'agrandir le cercle des abbés, de raulti-

Pm-hmcin. Cunil. Trident. Hisl. liv. v, cnp. 17.

CllARLtS QUINT ET LE CONCILE (1546). :i3I

plier les voix dévouées au saint-siége , afin d'éviter la question de la prééminence des conciles. Les légats suivirent avec dévouement et habileté ces instructions ; et , dès la première séance , on dut s'apercevoir que les délibérations étaient pleinement dans les intérêts et les opinions de la cour de Rome. L'évèque de Bitontc , (fui ouvrit la pieuse assemblée , rappela tout l'éclat de la puissance du pape, et les biens qu'elle avait faits, soit en ordonnant les croisades, soit en déposant les rois *. C'était là une grande faute ; prêcher la toute-puissance romaine au moment où elle était vivement attaquée; rappeler les trois couronnes de la tiare, lorsqu'une nouvelle doctrine disait au\ rois : « Secouez de vos pieds un pouvoir qui vous opprime , » n'était-ce pas favoriser précisément la réforme qu'on voulait proscrire ? Les premières séances furent tout entières consacrées aux réglemens de la police du concile, à réprimer l'orgueil des évêques et la licence de leurs domestiques; car à Trente tout était rempli de troubles. On en vint ensuite aux points de dogmes qui formaient les dissidences les plus sérieuses entre l'école protestante et l'école catholique.

Unelettre confidentielle de l'empereur avait invité les pères du concile à procéder lentement et avec de grandes précautions contre lespartisansde la réforme. » Craignez, disait Charles-Quint, de les

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