‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 176 sur 185 · PORTRAIT DE LUTHER · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE LUTHER

peuple; peu de cescitations si multipliées dans la sco* lastisque; l'exaincu , la raison; examen subtil souvent, raison superbe, mais n'agissant qu'avec elle et par elle ; puis , du mauvais goût , goût d'école et de son siècle particulièrement. En résumé, capacité active et prodigieuse s'élevant de son monastère, humble et craintive , pour gouverner ensuite la moitié de l'Europe ; de telle sorte qu'il ne se l'ait pas une affaire en Allemagne pendant trente au- Jiées sans consulter Luther * ! Et cet esprit se tenait dans un corps chétif et sans dignité. Les traits de Luther n'avaient rien de ces grandes formes qui dénoncent le génie ; sa tête , absorbée sous le bonnet de docteur , sous cette calotte ** que la simplicité de Louis XI avait introduite comme une mode d'Université , n'exprime que les veilles et le travail ; c'est l'homme de son temps , l'expression des études fortes et vastes , de cette vie de solitude et de halles, de monastère et de peuple, d'Université sérieuse et d'agitation sociale , de ce seizième siècle enfin, la plus méditative et la plus turbulente des époques pour l'esprit humain.

* Les œuvres de Luther forment 9 vol. in-fol. La meilleure édition est celle de 1582 , dont je me suis servi. Je détaillerai dans le volume des pièces justificatives , article Bibliothèque des réformateurs , tous les ouvrages publiés par Luther,

Le portrait de Luther , dessiné par les contemporains, a été gravé en bois sur la vieille édition de 1582.

DIÈTE DE lUTISBOISNE (1545). 341

La mort de Lulhcr devait faciliter une transaction , et Charles-Qiiint en profita pour s'adresser au landgrave de Hesse , t[ui , avec l'électeur de Saxe, semblait plus spécialement diriger le mouvement luthérien en Allemagne. La réponse du landgrave fut évasivc ; il déclara que le concile de Trente étant sous l'absolue domination du pape, on ne pouvait compter sur sa liberté et son impartialité ? Voudrait-on y admettre une discussion libre sur les articles de foi , de doctrines , et se décider par le simple texte de l'Evangile ? L'empereur vit alors que toute espèce de conciliation sur ce point éCait impossible. La correspondance secrète des princes protestans , engagée avec François 1" , se continuait avec son successeur Henri II ; et les luthériens appelaient tout à la fois miséricorde sur -leurs frères de France persécutés, et l'appui du roi pour soutenir le droit des électeurs contre les empiétemens de Charles-Quint*; il s'agissait du pouvoir impérial en son essence , et les réformateurs considéraient le triomphe de la foi catholique comme celui de l'autorité absolue sous le sceptre d'or d'un nouveau Charlemagne **.

Charles-Quint essaya une diète à Ratisbonne

* Mémoires elpièces sur les négociations de Henri If avec les princes allemands. 'Vlss. Fostasieu. (cartons du Règne de Henri II.)

•• SLtii)V5 , liv. xvii , pafj. ôfiO.

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