DAÏÏEM.— SUÈDE.— PRUSSE.— SUISSE
berté et d'affranchissement devait retentir dans ces municipes à peine soumis. Plus au nord , le Danemarck subissait la tyrannie de Christiern II , que les chroniques nomment le cruel, le tyran ou le Néron du nord. La Suède était alors presque réunie à cette couronne , et les papes , abusant de leur ascendant sur une population à peine civilisée, exerçaient tout pouvoir de lever les décimes et les indulgences *. Dans la Prusse arrachée au paganisme, les chevaliers teutoniques , sous leur chef de la maison de Brandebourg, devaient désirer une sécularisation qui leur donnait en propre de riches manses et d'opulentes commanderies. La Suisse , dans ses goûts de rusticité et de montagnes , n'allait-elle pas se jeter avec enthousiasme dans toute doctrine qui réduirait le clergé à une simplicité de mœurs et d'opinions en rapport avec ses propres mœurs? En Angleterre, d'autres causes devaient agir. Henri VIII , qui venait d'éteindre les dernières prétentions des Yorcks , avait manifesté envers le pape Léon X une vénération profonde, car il avait besoin de son appui; mais prince à passions puissantes, à caprices violens, il devait se séparer de la communion des pontifes dès que ceux-ci voudraient réprimer les écarts de son imagination. Dans le peuple anglais existaient également la vieille opinion de WiclifF
' Joi.^ Macs. Hiat. auec. lib. 24.
A>T.LETERRE.— ESPAGNE.— ITALIE (1500). fi.l
et John Bull , qui au quatorzième siècle avaient prêché les doctrines de liberté et d'égalité religieuse , et une répulsion pour la suzeraineté des papes constituée comme un despotisme par la charte du roi Jean. L'Espagne au contraire avait besoin du catholicisme , et de ses lois. A peine Ferdinand et Isabelle venaient-ils d'expulser les Maures, que Ximénès s'était armé contre eux de l'inquisition pour pénétrer dans les mœurs et les opinions des nouveaux sujets. Le catholicisme devint la loi politique , parce qu'il distinguait dans ce pays le sujet d'avec le rebelle; l'antique origine des Maures s'efFaçait par le baptême , et la surveillance des mœurs catholiques tenait à un principe de conservation et de police. L'Italie était plutôt un champ de batailles et d'intrigues qu'un État constitué. Le royaume de Naples , le duché de Milan, disputés par l'Empire, l'Espagne et la France , se montraient sans cesse couverts de troupes mercenaires; l'Italie était tpaversée par des conquérans qui la retraversaient en vaincus. Elle avait des intérêts trop immédiats, des querelles trop brûlantes pour s'occuper des questions religieuses. Sur ce sol morcelé, les hérésies tombaient desséchées, et l'on n'avait aucun exemple d'une opinion un peu forte, un peu large. Au reste , l'inquisition existait avec sa fatale surveillance, et il était difficile d'échapper à la puissante police des dominicains. Et tous ces Etats, du nord