‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 34 sur 185 · ABUS DES ÉLECTIONS · texte numérisé non relu

ABUS DES ÉLECTIONS

berté politique , on exagéra les désordres qu'elle faisait naitre. « Les moines , dit le scandaleux narrateur qui a tant écrit sur la cour de François l^*" , élisoient souvent celui qui étoit le meilleur compagnon , qui aimoit le plus les chiens, les oiseaux, qui .étoit le meilleur biberon, afin que, l'ayant fait leur prince ou leur abbé, il leur permît après de faire toutes pareilles débauches, dissolutions et plaisirs. Quand ils ne se pouvoient accorder en leurs élections , le plus souvent s'entrebattoient, segourmoient à coups de poingts, venoieut aux braquemards et s'entre-blessoient , voire s'entre-tuoient. Dieu sait la vie que menoient les évèques ! Ils étoient assidus dans leurs diocèses, mais pour y mener vie toute dissolue, après chiens , oiseaux , festes , banquets , confréries , noces et pueelles dont ils faisoient sérail , ainsi que j'ai ouï parler d'un de ces vieux temps *. » Une société où de telles choses se pensaient et se disaient haut, ne devait plus avoir le même respect pour des croyances et une hiérarchie si violemment attaquée par le sarcasme et le mépris. Ce fut donc une transaction habile que le concordat qui jetait la cour dans les intérêts du catholicisme

*Brastôme, Discours sur François I". Brantôme avait reçu une abbaye de la libéralité du roi , et c'est peut-être un des motifs qui l'ont fait tant exalter le nouveau système , et jeter tant de déclamations sur les éleclions.

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