LA ROYAUTÉ ET LE CATHOLICISME
et du pouvoir pontifical : François 1^' prenait dès lors toute suprématie sur le clergé ; il confisquait à son profit une grande partie des revenus de l'Église ; il accomplissait par un acte doux et conciliant ce que Charles Martel avait fait avec violence pour distribuer les riches manoirs des clercs à ses hommes d'armes : il pouvait désormais donner les bénéfices à ses capitaines de compagnies, qui allaient se rattacher par leurs intérêts à la foi catholique.
Cet acte fut repoussé par le clergé , par l'université , par le parlement , par tous ceux qui voyaient avec peine l'Église gallicane passer dans les mains de la royauté et du pape , et le régime absolu substitué à la liberté ecclésiastique : il y eut d'unanimes remontrances; les universitaires et les jurisconsultes restèrent dans les idées de réforme modérée , telles qu'elles avaient été posées par les conciles de Bâle et de Constance et par la pragmatique-sanction. Mais le roi , qui était alors la grande puissance , n'avait plus le même intérêt à ces querelles d'Église ; satisfait de la concession territoriale que la papauté lui avait faite , il n'appela plus la réforme des conciles ; il se contenta du concordat , parce qu'il avait satisfait aux deux idées temporelles : son autorité absolue et le besoin de revenu!* et de fiefs libres pour distribuer à ses courtisans et aux clercs de son intimité.