‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 45 sur 185 · LETTRES DE LUTHER · texte numérisé non relu

LETTRES DE LUTHER

qu'on en fait, doit à la fin détruire toute foi. N'estce pas une impiété de voir soutenir que l'indulgence peut sauver celui même qui aurait violé la mère de Dieu ! Et n'est-il pas naturel que les peuples qui reconnaissent dans le pape le pouvoir de libérer toutes les âmes du purjjatoire , se demandent enfin pourquoi il n'en use pas au profit de l'universalité catholique * ? »

Ces opinions étaient adressées à Albert, archevêque de Mayence, dans les termes du plus profond respect : « Père vénérable en Dieu, veuille votre grâce jeter un œil favorable sur moi qui ne suis que terre et cendres , et recevoir ma demande avec la douceur épiscopale. On porte par tout le pays , au nom de votre grâce et seigneurie, l'indulgence papale pour la construction de la cathédrale de Saint-Pierre de Rome ; je ne blâme pas autant les grandes clameurs des prédicateurs de l'indulgence , que le faux sens adopté par le pauvre simple et grossier peuple , qui publie partout les imaginations qu'il a conçues à ce sujet; cela me fait mal et me rend malade ; ils croient que l'indulgence est assez puissante pour sauver le plus grand pécheur, celui (c'est leur blasphème) qui aurait violé la mère de Dieu ! Grand Dieu ! les pauvres âmes seront donc sous le sceau

* Ejiist. Luther, ad Albert. Mogunt. toni. i. — Liiuer, Serin, de induJyent. fol, 61.

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