THÈSES DES DOMINICAINS
de votre autorité, enseignées pour la mort et non pour la vie ? Vous en rendrez un compte terrible, un eompte dont la gravité va toujours croissant. Qu'il vous plaise donc , vénérable père, lire ces propositions où l'on montre la vanité des indulgences. »
A la grande thèse de Luther , approuvée par tous les membres de l'Université de Wittemberg, les dominicains opposèrent des propositions contraires par l'organe de Tetzel , adversaire philosophique et d'école : a Les fidèles , disait le dominicain, ne sont pas dispensés des bonnes œuvres par l'appât des indulgences ; néanmoins le pape peut, en vertu du pouvoir des clefs , libérer de toute peine ; les indulgences remettent plus promptement la culpe que ne le fait la charité ; le pouvoir des pontifes n'est-il pas établi sur l'autorité de Dieu même , qui a prononcé ces paroles divines : Ce que vous remettrez , sera remis * ?»
Ces thèses , quoique renfermées dans l'étroite enceinte d'une Université , n'avaient pas moins un grand retentissement dans ce monde d'érudition et de science qui se montrait particulièrement en Allemagne. La cause de Luther n'était point encore devenue celle de la liberté et des lettres , de la philosophie rationnelle et indépendante contre l'autorité d'Aristote ; mais déjà une
' I\iY>M.n. ann. 1517. n" 6i et 6.5.