‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 56 sur 185 · LIVRE CONTRE LES VOEUX MOiNASTIQUES · texte numérisé non relu

LIVRE CONTRE LES VOEUX MOiNASTIQUES

ne les attaquait pas encore de face ; il en dénonçait seulement les abus.

« N'est-ilpas étonnant , disait-il, de voir la multiplicité des vœux , et la cruauté des pères, des tuteurs , d'autant plus barbare qu'elle s'appuie sur un motif de piété pour pousser de malheureuses victimes dans le cloître? C'est la prédilection déplorable des pères, l'avarice, l'ignorance qui a introduit les vœux dans l'Eglise ; qu'on examine donc proraptement cet abus: que les évéques , les prédicateurs détournent les familles de ce penchant qu'elles ont pour les ordres monastiques ; qu'on se contente du baptême , le plus solennel et le plus beau de tous les vœux *. » Luther appelait ainsi sur lui-même une grande popularité, car les plaintes de l'école philosophique depuis vin siècle s'attachaient spécialement aux moines et aux abus de ces solitudes paresseuses dont on oubliait alors les vieux services rendus aux arts , à la science et à la culture des terres.

Le grand travail de la Captivité de Bahylone résume le système de Luther tel qu'il fut précisé avec plus de soin dans la Confession d'Augsbourg. «J'acquiers, disait-il, de jour en jour des lumières ; il y a deux ans' que j'étais engagé dans la superstition de Rome , je la secoue aujourd'hui ;

* iHter oper. Luther. , tom. i .

1 08 LIVRE DE LA CAPTIY. DE BADYLONE (1 520).

alors je ne rejetais pas absolument les indulgences, maintenant je les repousse tout-à-fait : je disais que la papauté n'était pas de droit divin, je reconnais maintenant qu'elle est une grande Babylone; j'admettais sept sacremens , je n'en reconnais plus que trois , le baptême , la pénitence et le pain ; je voudrais bien nier la présence réelle dans l'Eucharistie et je souhaite qu'on m'en fournisse les moyens; mais les paroles du Christ sont là : «Ceci est mon corps, ceci est mon sang. » .Je crois donc avec les sophistes (c'est le nom qu'il commence à donner aux docteurs catholiques) que le vrai corps et le vrai sang y sont comme le feu se mêle dans un corps brûlant avec le métal. Je ne condamne pas l'autre opinion ; je dis seulement qu'elle n'est pas un article de foi ; la messe telle qu'elle existe est une superstition , parce qu'on en fait dépendre la nourriture des prêtres et des moines; je veux donc qu'on retranche les prières et les cérémonies de la messe, 'et qu'on s'en tienne aux seules paroles de Jésus- Christ. Il serait à souhaiter qu'on dit la messe en langue vulgaire. La pénitence et la confession dépendent de la foi dans le Sauveur , et non de l'absolution d'un homme *.»

Dans ce livre de la Captivité de Bahylone, Luther

' Inter. oper. Luther, lih. do caplhit. Bohjloti. tom.u, loi. 60. — Sleibxn, liv. ii , pag. 55.

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