‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 63 sur 185 · TRAITÉ DE LA CONFESSION AURICULAIRE · texte numérisé non relu

TRAITÉ DE LA CONFESSION AURICULAIRE

raient brûlés ainsi que les abrégés de sa doctrine et les estampes qui, en reproduisant ses principes , insultaient la foi , les mystères et le souverain pontife ; enfin , défense était faite d'imprimer désormais un livre quelconque sans la permission de l'évéque diocésain *. » Cet édit émanait bien de la volonté de l'empereur; mais telle était la constitution de la vieille Germanie , que chaque électeur conservait la plénitude de sa souveraineté : Luther pouvait donc échapper facilement aux persécutions qu'on lui réservait par l'édit.

Alors renfermé au château de Wartbourg, qu'il appelait dans son exaltation mystique son ile de Pathmos , Luther redoublait de travail et d'activité; il écrivait avec toute la verve de la solitude son Tmité de la Confession auriculaire ; il la rejetait non d'une manière absolue , mais comme une inutilité : « Devant Dieu nous devons nous tenir coupables de nos péchés cachés; mais à l'égard du ministre , il faut seulement confesser ceux qui nous sont connus et que nous sentons au fond de notre cœur. » Infatigable dans ses veilles et ses labeurs, il composa un nouveau traité contre les vœux monastiques : « Chrétiens, s'écrie-t-il , ces vœux sont nuls et directement contraires à la li-

' GoLDAST. CoHsl. impérial, toin. u, pag. 143. — Cocni^is, de art. et scn'fH. Luther. 1521, in fin. — Sleibvt. liv. III , p.Tg. 76.

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berté des enfans de Dieu ; » puis un livre trèsdt^veloppé contre la messe privée. Dansée livre » toute l'exaltation de son âme s'est changée en superstition ; le docteur qui en appelle à la raison contre l'autorité et le système romain , donne comme dernier argument contre les messes privées une entrevue avec le démon, avec cet esprit que les peintres du moyen âge reproduisaient comme le principe du mal. « Luther , lui avait dit le diable *, docteur très-savant, tu sais que depuis quinze années tu célèbres des messes privées ; que dirais-tu si tu savais que ces messes privées sont de l'idolâtrie? si le sang et le corps de Jésus-Christ n'y étaient pas ?» Il se réveilla de cette vision , trempé de sueurs, les membres abîmés de fatigues, car il ne doutait pas que son péché n'eût été très-grand et ne méritât la damnation et la mort.

C'est à cette époque surtout et dans cette exaltation d'une solitude de montagnes que Luther prit ce style hautain , injurieux qui ne pardonnait point à ses ennemis. Ses livres, ses épîtres furent des pamphlets dans ce style d'école et d'injures qui formait le caractère de la polémique des Universités; Mélanchton, le disciple inodérc de Lu-

* Celte curieuse conversation de Luther avec sou esprit sttrouve dans ses œuvres , tom. vu , Tm't. do missn prical. fol. 236.

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