CHAPITRE Vill
niARCHi: POLITIQUE DE LA RÉFORME.
Le naneniaïuk. — La Sin!?(le. — GustaAC Wasa. — Étaljlisseinent de la réforme. — Propriétés du clergé inféodées à la noblesse. — Abaissement des é\c(iues. — La Suisse. — Zwingle. — Zurich. — Berne. — Prédication à ('.«nè\e. — Adoption municipale de la réforme.
Les premiers Etats où triomphèrent les éclatantes doctrines prèchées par Luther , furent Ja Suède et le Danemarck. La constitution de la Suède avait été depuis le quinzième siècle plutôt
152 CHANGEMENT DAiNS LA PROrRIÉTÉ (1530).
épiscopale que politique. Plus l'Eglise avait eu à opérer des miracles de civilisation parmi les belliqueux enfans d'Odin et de Thor , plus les clercs s'étaient emparés d'un pouvoir étendu. Là surtout les nobles hommes voyaient à côté de leurs fiefs stériles , de leurs châteaux crénelés , les terres opulentes des monastères s'étendant sur la plus grande partie du royaume. Cette puissance, cette richesse du clergé excitaient la jalousie de la population militaire; Frédéric de Holstein , vainqueur du cruel Christiern II , venait d'introduire le luthéranisme dans leDanemarck; il avait ouvert les monastères, aboli la messe ; et , comme dans tous les Etats où la prédication de la réforme arrivait , il s'était emparé des terres du clergé au profit de ses hommes d'armes.
Alors s'opéraient dans la Suède les prodiges romanesques de Gustave Wasa , et cette révolution merveilleuse qui jetait une couronne aux mains du glorieux ouvrier des mines de Dalécarlie *. Le premier acte du nouveau roi fut aussi une attaque contre l'Eglise , afin d'abaisser le pouvoir des évèques et de récompenser les valeureux compagnons qui avaient suivi sa fortune. Le prédicateur de la réforme dans ces sauvages contrées fut Olaûs Pétri , disciple de Luther dans
* LoccENics, lib. VI, Rerum Suecicar. et Jean Macrus , Hisf. Succica. lib. xxit.