ZWINGLE COINTRE LA MILICE
culte des saints , de la messe , des lois ecclésiastiques, et de l'aLstiuence des viandes; il n'attaquait point encore les formes extérieures , dans la crainte de soulever contre lui les habitudes simples des pastoureaux.
Le premier sermon de Zwingle fut tout entier dirigé contre la milice*; les levées de soldats se succédaient dans les montagnes ; les papes et les moines avaient persuadé aux populations suisses que le plus saint devoir de patriotisme et de religion était de prendre les armes à la voix de l'Eglise et des princes catholiques **. Zwingle profita de la douleur qu'avait portée parmi les Suisses la défaite de la Bicoque, et annonça nu canton de Schwitz qu'on ne devait plus désorjnais se jeter dans les périls pour satisfaire l'ambition et la tyrannie des souverains. Zurich dépendait de la juridiction de l'évèque de Constance, et le sénat de la cité , qui déjà se laissait entraîner par le torrent des opinions nouvelles, lui écrivit : « Les magistrats ont décidé que la prétendue erreur de Zwingle serait examinée dans des assemblées spéciales : envoyez, seigneur évêque, des clercs pour
glius et ego iiiter nos communicatn'wiis de pontifce dcjicie)ido , etia/n dùin ilLe vilain degeret in crenniorio. Epist. Capit. ad Bullingev. lIonifiG. tom. yi, pag. 207.
* ZwjRG. Oper. loin, i, pag. 230 et 353.
**.... Deoscjue sibi mulliim pvopilios habit nios si Plutonis œruriiim atigeuiit. si i/iulios hoinincs iiiteriinaid .
PREMIÈRE THÉORIE DE ZWINfiLE (1319). 157
le combattre, mais seulement par le texte saint des Ecritures. » En présence du sénat municipal réuni, Zwingle annonça que dans ces derniers temps la lumière des Saintes Écritures avait été obscurcie par de folles traditions humaines ; il demandait donc à l'illustre sénat qu'on examinât les propositions qu'il soumettait à sa sagesse*. Ces propositions étaient celles-ci : « Toute la foi est contenue dans le saint Évangile : Jésus-Christ est le seul chef de l'Église. Toutes les traditions doivent être rejetées; il ne peut y avoir qu'un seul sacrifice, celui de la croix, et d'autre intercesseur que celui qui est mort pour les hommes. Le mariage est permis à tous , car il est dans l'ordre naturel; l'habit monastique n'est qu'hypocrisie, en même temps que la puissance du pape et des évèques n'est qu'usurpation et tradition humaine *. » Ces doctrines , qui ne s'écartaient pas d'abord de la théorie luthérienne , avaient même quel(pic chose de plus saisissablc que les théologicjues dissertations de Luther. Avec une habileté très-remarquable, Zwingle répondit à l'envoyé de l'évèque qui récusait l'autorité du sénat et en appelait à un concile « que les magistrats qui dirigeaient les affaires de la cité pouvaient bien examiner et prononcer sur la crojance des citoyens. » Par-là le
* ZwisGL. Oper. tom. ii.
** Sleid\h , Coinineiif.\'i\, m, png. 91.