GUERRE A LA SCOLASTIQUE
combant sous les crimes * ! et Pétrarque ne corapara-t-il pas la cour pontificale à Babylone : « Flamme du ciel, tombe sur elle ** ! » s'écriet-il dans son indignation. Dans ce monde de poètes latins , italiens qui peuplaient les académies de Rome même , on n'entendait que plaintes contre l'Eglise et contre les mœurs des clercs : sonnets, cpîtres, odes sont destinés à reproduire les impuretés des prêtres et des moines.
A cette indépendance de l'esprit , à cette corruption des doctrines, les Universités avaient voulu opposer une digue ; la philosophie d'Aristote , défigurée en aphorismes d'autorité ou de théologie scolastique , dominait dans ces corps qui d'abord avaient été utiles à la science, et cherchaient alors à la circonscrire dans des limites qu'ils établissaient eux-mêmes. Il y eut lutte entre la philosophie de Platon , la liberté des lettres , ce goût ardent des belles et gj'andes études, et la barbarie impérieuse des axiomes et des thèses de l'école ; les nobles partisans de la renaissance remuaient de leur bras puissant les vieux principes et les vieux faits ; ils employèrent tout , la science sérieuse, les moqueries de l'esprit, pour arriver à cette fin de rénovation dans les
formes et la pensée de l'enseignement.
* Infcmo , cant. xi , t. 6, sonnet.
** Fiavima dal ciel, etc., et l'autre sonnet, deW empia Bah il on a on cl' é fuggila.