QUESTION DU DIVORCE
cheur pour se sauver des Allemands, les envoyés du roi d'Angleterre ne le quittèrent point , renouvelant leurs instances, invoquant toujours la nullité ecclésiastique d'une union que Dieu condamnait lui-même en la frappant dans sa postérité.
Clément n'osait se prononcer : il avait tout à la fois à ménager l'empereur et Henri VIII ; l'un foulait de ses pieds la tiare d'or dans Rome , l'autre avait défendu l'autorité du saint-siége contre le schisme de Luther : le pape résolut pourtant d'accorder la bulle de dispense ; mais il ne l'adressa pas à Henri, ni au cardinal Wolsey ; il la confia sous le sceau du plus profond secret au légat Campège , s'en rapportant à sa prudence pour l'usage qu'il pourrait en faire *. Le pape Clément ne voulait se brouiller avec personne et encore moins avec l'empereur dont il était en quelque sorte le prisonnier et le vassal. Toute la question du divorce était moins un point religieux pour Home , qu'une difficulté d'alliance politique. En raison que Clément était plus ou moins satisfait de la conduite de Henri VIII et de François P"" son allié**, il se montrait plus ou moins
* BiKSET , recueil ii , u" 14.
** Toute la correspondance de l'envoyé français à Londres (l'évêquc de Bayonne) est consacrée à cette affaire du divorce. « Je me doute bien fort , écrit le bon évêqae , que
QUESTION DU DINORCE (1527—15^5). 173
dévoué; il cliereliait surlout à temporiser paiune multitude de questions aeeessoircs , par un système de légation qu'il envoyait successivement avec des pouvoirs restreints. Enfin , s'étaut toutà-fait rapproché de Charles-Quint, le pontife, sur la demande de la reine Catherine, n'hésita plus à évoquer à Rome , au sein du sacré conclave, ce divorce dont on avait fait jusqu'ici une difficulté nationale en Angleterre.
Ces fut à ce moment que commença , sinon la séparation complète, ahsolue de l'Eglise anglicane , au moins la première tentative de Henri YIII contre l'unité catholique. Le roi demanda à son parlement et obtint des lords et des communes un premier hill contre les abus des clercs en Angleterre. On réprima les droits exorbitans que les églises levaient sur les funérailles , l'abus déplorable de la pluralité des bénéfices et du grand nombre des chapelains *. Tous ces points furent fixés par le pouvoir laïque des lords sans aucune intervention des conciles et du pape. En même temps le roi faisait arrêter le cardinal Wolscy, bien que le privilège de la pourpre romaine
depuis quelque temps !e roi a approché de bien près mademoiselle Anue de Boleyn; pour ce ne vous csbaillissez pas si l'on veut expédilion , car si le ventre croit , tout sera gâté. »(Lctt. 15 juin, recueil de François f"^.) * Rymer , XIV, 350.