‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 92 sur 185 · L£S UNIVERSITÉS SUR LE DIVORCE · texte numérisé non relu

L£S UNIVERSITÉS SUR LE DIVORCE

enveloppât d'une immense inviolabilité tous ceux qui en étaient revêtus*.

Henri VIII n'abandonnait pas son esprit disputeur et théologien ; il ne lui suffisait pas d'arriver de fait à son divorce; il voulait obtenir ce résultat par les dissertations de l'école, en vertu des décisioîis régulières et des vastes sommes théologiques. Le roi avait déjà consulté ses propres universités; elles ne lui avaient pa^ été toutes favorables; il commanda donc au jurisconsulte Cranmer un Mémoire sur Taffaire du divorce, et tandis qu'il tentait une dernière démarche au- ])rès dû pape, il consultait toutes les Universités de l'Europe sur le point douteux alors en dispute à Rome. Cette démarche entrait dans le caractère de Henri VIII ; une thèse d'école était sa passion comme celle de son siècle. Il destina quelques mille livres sterlings à cet objet; la corruption même fut employée. Le résultat se mit en rapport avec les intérêts politiijues ; en France , pays d'alliance avec Henri VIII , l'Université de Paris approuva le divorce , et son arrêt solennel fut motivé sur ce qu'il y avait des empéchemens dirimans qu'aucune bulle du pape ne pouvait couvrir, et que l'union du beau-frère et de la bellesœur était dans cette catégorie **. En Espngne , à

* FiDDEs , collect. page 172. — Cwe^dish, pag. 46. ** D'Argei^iré, Collect. jndic. de no\'. cit. tome, ii , pag. 100.

LE rARLEME.M' AU TAPE (1525). 175

JNajjles, la réponse fut cU'frtvorable à Henri VIII , parce que le grand sceptre de Charles-Quint s'étendait sur CCS peuples. Quant aux Universités protestantes , elles se souvinrent du livre (jue le scolastre royal avait dirigé contre Luther; elles se prononcèrent en majorité contre le divorce*. Le résultat fut pourtant conforme aux résolutions de Henri VIII ; et quand il lut le long résumé qu'avait fait Craumer et les solutions théologiques de la faculté de Paris, il s'écria dans son expression bouflbnne : « Cranmer , c'est pour le coup que je tiens la truie par l'oreille. »

Cette affaire du divorce avait agité le monde crudit, et après les jugemens des Universités, les lords et les communes d'Angleterre tentèrent une démarche auprès du pape. « Saint-Père, disaient-ils, le mariage du roi a été condamné par des écoles célèbres, par des économistes de science; souvenez-vous des obligations que vous avez à notre roi Henri ; nos remontrances n'ont rien produit. L'Angleterre est menacée d'une guerre civile , si vous ne permettez au roi d'avoir des enfans d'un légitime mariage. Ecoutez notre dernière volonté : si vous vous jetez encore dans les délais , nous nous croirons abandonnés du saint-siége , et nous nous pourvoirons ailleurs **. »

' Calvin écrivit pour le divovrc une longue dissertation. '* Reaist. ccxxxiv.

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