SÉPARATION AVEC ROME
Au fond le pape craignait l'effet de cette menace ; l'Europe était déjà tant divisée par la réforme! Cependant sa réponse étant encore évasive , Henri Mil lança un acte de sa puissance par lequel il défendait sous peine de vie de recevoir toute bulle émanée de la cour romaine *. Il déclara que sa volonté expresse était de porter l'affaire du divorce au parlement et de s'en rapporter à ses lords et à ses fidèles communes pour la solution **.
fienri VIII prenait une voie toute nouvelle ; il commençait ainsi le schisme : le parlement national allait être destiné à résoudre une question tliéologique ; et après en avoir appelé du pape à la science des écoles et des Universités , on arrivait à la juridiction politique, comme dernier terme du pomoir. Le roi d'Angleterre fit même une démarche qui annonçait plus hautement encore sou dessein de séparation. Dans une lettre écrite quelque temps après au corps germanique, Henri félicitait les princes protestans sur leur dessein religieux « de conserver la foi dans toute sa pureté , de travailler à une paix stable, et de remédier aux maux de l'Eglise véritable du Christ ; de corriger enfin les fausses traditions que les hommes avaient ajoutées aux pures lumières de
* Herbert , Preuves delà vi^ et de l'histoire d'Henri VIII. **Sleidas, lib. VIII, pag. 245.