‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 94 sur 185 · LE TARLEMENT SUR LE DIVORCE · texte numérisé non relu

LE TARLEMENT SUR LE DIVORCE

rEvanglle : et votre conduite est d'autant plus louable, continuait Henri, que vous avez fortement réprimé les troubles qui , à l'occasion de la réforme , s'étaient élevés dans vos Etats ; et croyez que j'ai toujours pensé comme vous sur la nécessité de corriger les erreurs et les vices. Songez pourtant qu'il faut sévir contre les novateurs turbulens qui annoncent l'égalité sociale et la communauté des biens. Il en est venu plusieurs natifs d'Allemagne dans mon royaume , mais je veille à ce qu'ils soient réprimés *. » Ici le roi faisait allusion aux anabaptistes dont les croyances anarchiques paraissaient déjà en Angleterre.

Le parlement se réunit sur la convocation royale pour l'objet spécial du divorce. 11 fut exposé par le chancelier « que S. M. désirait que les lords et les communes prononçassent la dissolution d'un mariage incestueux et frappé de stérilité ; c'était dans l'intérêt de l'Angleterre que le roi adressait une pareille pétition. » Toutes les pièces du divorce furent déposées sur la barre , et sir Th. Cromwell déploya les thèses d'Universités favorables aux désirs de la couronne. La première session fut entièrement destinée à réprimer les abus du clergé; le parlement rappela le

* Sleidan, liv. vin, pag. 245. Celte démarche n'est indiquée par aucun des nombreux auteurs qui ont écrit sur le scliisme.

17S Ér.LlSE NATIONALE (lô;)!).

statut prœmunire faciès qui défend;! it auv clercs et aux laïques de solliciter à Rome des bulles d'excommunication onde toute autre nature contraires aux droits du roi et des sujets d'Angleterre *. Ce hill passé, Henri VIII fut maitre de la fortune des clercs catholiques, car presque tous avaient directement ou indirectement correspondu avec le pape. Les évêques le sentirent bien; ils se réunirent par comtés, firent des offres d'argent ; et l'assemblée de Cantorbery , en votant un subside de 100,000 liv. , accorda la première au roi le titre de chef souverain , protecteur de l'Eglise d'Angleterre **. Là se trouvait le principe et le fondement d'une religion nationale dont Henri se déclara le défenseur absolu avec ce caractère de tyrannie doctorale qui avait toujours marqué son pouvoir. Cette même année il livra aux flammes trois Allemands qui cherchaient à prêcher la réforme luthérienne dans les comtés d'Yorek et de Cantorbery en instruisant le peuple.

La séparation était complète entre Henri et l'Eglise de Home. On avait tenté quelques arrangemens , mais ils furent brusquement rompus par la publique solennité du mariage du roi avec Anne de Boleyn; et Cranmer qui l'avait célébré fut élu sans l'assentiment du pape à l'archevcché

* Statut 25: Henri VIII , 19, 20, 21.

'*Rtjieb, ad. public, foin, xiy, pag 413.

CONSTITUTION ECCLÉSIASTIQUE (1534). ITi)

(le Cantorbery. Dans une seconde convocation du parlement, plus sijTnificative encore , il ne s'agit de rien moins que de proclamer l'abolition de l'autorité papale en Angleterre. Les deux chambres se réunirent dans la session de janvier lb34. Klles remanièrent d'abord toute la constitution ecclésiastique, eteeque demandait leroi Henri YIII fut obtenu presque à l'unanimité *. On efîaça le nom du pape de la liturgie. En même temps le parlement modifia les vieilles lois sur l'hérésie ; désormais on ne pourrait poursuivre que ceux qui proclamaient hautement des nouveautés dangereuses , et les poursuites auraient lieu avec publicité devant le banc du roi. D'autres statuts abolissaient les annates; le droit des papes à l'élection des évoques serait déféré aux chapitres , sur l'invitation royale , et l'archevêque de Cantorbery demeurerait chargé de donner les dispenses et tous les actes qui ressortissaient autrefois de la cour de Rome **. Enfin le mariage du roi avec Anne de Boleyn était confirmé, et pour que personne ne pût douter de la validité de cette union, il était défendu à tout sujet anglais tl'écrire ou de parler contre sa légitimité. Une formule fut dressée en conséquence , et cha(pie clerc régulier des monastères ou de la hiérarchie ecclésiastifjue

'Statut 20: nenri YIII, 1 , 3, 13.

"Slntui-i.l: llciiii Mil, 19 ,20, 21.

Page 1