‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 95 sur 185 · FORMULAIRE DE FOI · texte numérisé non relu

FORMULAIRE DE FOI

dut déclarer qu'il obéirait en toute chose au roi qu'il reconnaissait comme chef souverain de l'Eglise d'Angleterre , proclamant pour suzeraine légitime Anne de Boleyn , épouse de Henri YIII. Un dernier acte posait une barrière invincible entre les doctrines de l'i.jjlise anglicane et le protestantisme tel que Luther l'avait enseigné ; le parlement déclarait que la nouvelle Eglise ne se séparerait sur aucun des articles de la foi catholique telle qu'elle avaitctéjus{|u'alors enseignée *. La déclaration fut souscrite par la presque totalité du clergé; le procès de Thomas Moore ** , de Eishcr, de la religieuse l^lisabcth Darton et des inalheureuv moines «pii avaient nié la suj)réma(ie, niontra (juJIenri Vlll voulait désormais dominer en tyran l'Eglise tk)nt il s'était fait le chef**'. La plus profonde terreur régnait parmi les hommes de science et d'Université en Angleterre : Erasme, ex])ression de toutes les idées de modération , dc- ])Iore celte situation d'un pays où il n'est plus })Ossible d'épancher ses scntiinens et ses opinions dans le sein de l'amitié *'"'*.

*Rymer, tirt. public, tom. xi\ , pa;;. 487, 527,

**TuoM. MoR. Opéra, pag. 1427, 1429.— Slaliit 26; Henri VIII , 22 et 23.

*** Sur Thomas Moore voyez le chap. xii de cet ouvrage , • où je traite du mouvement scientifique des éeoles du 16" siècle.

**** Avtki qui me subi II (10 liilcris cl iiiunciibusdignaban.

TYllAN^ilE RELIGIEUSE (1535). 181

^ Quelques mesures que prît le parlement contre le parti des réformateurs allemands, le protestantisme faisait des progrès secrets en Angleterre , et acquérait des partisans; toutes les opinions trouvaient là des souvenirs et des élémens de trouble. N'était-ce pas les théories populaires de Wiclifl", les assemblées de Speafield qui avaient correspondu à la préilication de Jean Huss et de Jérôme de Prague ? Le mouvement de l'Eglise anglicane d'ailleurs, quoique tyrannique et opposé à la reforme rationnelle , l'avait indirectement favorisé; car en produisant un grand désordre, il avait ouvert un vaste champ à toute doctrine qui voudrait se produire.

La lutte de l'Eglise d'Angleterre avec Rome et le clergé , amena la royauté à tous les actes de la persécution. Th. Moore porta sa tète sur le billot, pour avoir hautement déclaré * « qu'il avait approfondi la question de la puissance pontificale souvent attaquée, et qu'il avait reconnu que cette puissance du pape, qu'on a\ait abrogée témérairement , était non seulement légitime , mais nécessaire. » Th. Moore avait d'ailleurs attaqué l'auto-

f«f. metu nec scrihunt ner miltunt quicquam , ncqnc qnicqiirim à quoqnam rectjnunf, quasi sub omni lapide doriiiat scorpius. (ÉnASHE , Epist. 509.)

'BiESET, nisl. (le la Réforme d'Avglelenv , loin, ii.- JTAPiEios , vit. Mot: pag. Xi5.

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