‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 99 sur 185 · PROTECTION DES SAVAIS · texte numérisé non relu

PROTECTION DES SAVAIS

pour les doctrines que ces mêmes hommes professaient dans le secret échange d'une douce philosophie ? Marguerite de Navarre , si follement éprise de tout ce qui portait le bonnet de la science ou la gracieuse marotte du poète , ne devait-elle pas protéger ceux-là qui approchaient de son intimité et vivaient familièrement avec elle?

D'où vinrent donc ces persécutions qui marquèrent le règne de François F"" ? comment expliquer cette poursuite acharnée contre l'hérésie, dont le prince-avait autour de lui l'expression en quelque sorte philosophique ? Plusieurs causes y contribuèrent. Si le luthéranisme ne s'était pas séparé, par de trop larges innovations, de l'école universitaire et des jurisconsultes, si surtout il s'était présenté lui-même sans se revêtir de l'austère manteau de la secte sacramentaire, sans cette guerre aux images , à l'Eucharistie , à la messe, à tout ce qui parlait à l'imagination et au cœur des peuples , alors peut-être eût-il trouvé une naturalisation plus facile en France. Mais la réforme , sous la plume sévère de Calvin , éclatait en censure contre cette licence de mœurs qui embellissait la cour de François P"" ; elle accusait les gentilshommes des abominations de Babylone elle flétrissait Diane de Poitiers du titre de courtisane ; elle déclamait contre les pompes , les fêtes, les arts. Par un instinct de pouvoir,

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