LES FRANÇAIS EN BELGIQUE
Si une noblesse fougueuse et mal disciplinée s'était bien conduire aux Pays-Bas; si elle n'avait pas insulté au caractère national des Belges, la couronne de France pouvait s'agrandir par une vaste réunion. Rien n'était alors plus populaire que la France; les villes couvraient de fleurs leur brave duc et sa bonne gentilhomnierie *; mille gravures existent encore des pompes et des fêtes qui saluèrent partout le passage du duc d'Anjou, de La Noue et du maréchal de Biron. Mais ces témoignages de joie populaire n'empêchaient pas les conseils et les remontrances des Etats. Chaque ville avait conquis là sa liberté au prix de son sang; toutes voulaient la conserver intacte; les Etats par leurs refus qui enlaçaient sans cesse le duc d'Anjou , déplaisaient à son naturel fier et despote ; n'était-il pas possible , par un coup de
des brochures sur toutes les menées de l'Espagne porte ce litre : " Advertance à tous les habitans des provinces du Pays-Bas , estant unis et confédérés pour la desfense de la liberté de leur religion, personnes, privilèges et anciennes coustumes, conlre*la tyrannie des Espagnols et de leurs ad- Lérens. Ensemble la forme de l'inquisition que le roy d'Espagne se parforce de mettre sur les Flamands. «(Brochure. 1583.)
* " Discours sur la venue et honorable réception de Monsieur, fils et frère unique du roy, duc de Brabant, marquis du Saint-Empire, sur son entrée en Flandre à son retour d'Angleterre. » Mss. de Béthune . vol. col. 8799. fol. 100.