‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 101 sur 234 · TRAHISON DES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

TRAHISON DES FRANÇAIS

main prompt et fortement exécuté, de s'emparer des grandes villes, pour de là dominer les provinces? Bientôt quelques régimens français avec leurs cornettes en têtes , les bonnes batailles de lances, pénètrent dans Anvers par surprise, tombent sur les gardes; ils se seraient emparés de la grande cité ; mais le peuple des Pays-Bas s'était alors retrempé dans les guerres civiles; il prit les armes, expulsa les Français et leur duc. Dèslors finit la popularité du duc d'Anjou dans les Pays-Bas *.

Philippe II ce.ssait ainsi de craindre la France; il avait alors les yeux fixés sur le prince de Nassau, caractère supérieur, ferme et libre, correspondant par ses sympathies à tout le parti huguenot. Le roi d'Espagne avait été profondément blessé du manifeste lancé par le chef de la maison d'Orange, qui posait comme principe les droits de la souveraineté populaire et du libre examen. Nassau faisait un appel à la raison et à l'indépendance des peuples. On aurait dit que Philippe II était préoccupé de cette pensée , lorsque , écrivant .à son ambassadeur à Lisbonne, il lui disait : « Toute la puissance des roys vient de Dieu, et la dignité dont ils sont revestus ne leur permet

* 11 existe une curieuse gravure sur celle cruelle et maladidile expédition d'Anvers. Voyez Cabinet des estampes, Bibl. royale.

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