‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 99 sur 234 · PHILIPPE II ET LE DUC D'ANJOU · texte numérisé non relu

PHILIPPE II ET LE DUC D'ANJOU

rendit sa position encore plus grave. Dès que Philippe II en reçut la nouvelle, il ne s'occupa plus qu'à trouver des expédiens pour détourner le duc d'Anjou de ses projets ; le secrétaire du jeune prince, tout-à-fait dans les intérêts de l'Espagne , dut seconder les démarches de l'ambassadeur. On fit au duc d'Anjou diverses propositions de souverainetés sur quelques villes et une indemnité pécuniaire. Le frère de Henri III , en présence de ses rivalités avec le prince de Nassau , cherchait à se rendre indépendant , soit par les armes, soit en traitant avec l'Espagne à des conditions avantageuses; il dépêcha auprès de Juan Baptista Taxis un de ses valets de chambre, Jules Ricci, avec charge d'avancer de bouche les conditions suivantes : « La cession en toute souveraineté de Cambray et de son territoire , ainsi que de Dunkerque et Bruges. Le duc d'Anjou pourra, pendant six mois , après la signature du traité , faire la guerre aux rebelles du roy d'Espagne, et toutes les villes dont il s'empareroit sur eux lui seroient également données en souveraineté perpétuelle. Moyennant ces concessions, il promettoit de renoncer et se désister de tous les traités et conventions qu'il avoit avec lesdits rebelles tant publics que secrets; ne jamais en faire d'autres, et même d'aider et servir Sa Majesté Catholique de tout sou pouvoir *. »

* Archives de Simances. oot. B 55. — La plus curieuse

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