‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 116 sur 234 · I LIGUE CVTIIOLIQUE EN ECOSSE · texte numérisé non relu

I LIGUE CVTIIOLIQUE EN ECOSSE

sent de l'écho. Les Lallades populaires dénonçaient là , comme les fabliaux des Albigeois et les sirventes moqueurs en France, les vices des clercs et la pesante domination de l'Egalise. Un convenant de réforme se réunit à l'origine de la prédication, et, malgré les mesures sévères du comte d'Arrav, le calvinisme le plus sévère, l'opinion puritaine fit des progrès immenses dans ces montagnes d'Ecosse. Jean Knox fut le prédicateur de la réforme en Ecosse ; Jean Knox, esprit ardent, enthousiaste de cette pure doctrine évangélique , de cette interprétation du vieux et du nouveau Testament *. La fille du duc de Guise , toute catholique, 'gouvernait l'Ecosse; mais trop faible pour s'opposer à ce mouvement des esprits , elle laissa la prédication de la réforme s'agrandir. Le puritanisme fut bientôt une puissance; Marie Stuart le trouva à son avènement , et c'est à cette opposition inspirée qu'elle dut ses malheurs, et sa rivale Elisabeth toutes ses forces actives. Marie Stuart était eu rapport d'intelligence , de lettres, de chartes avec Philippe II et ses nobles parens de Guise ; tous les raouvemeus qui ont lieu à cette époque en Angleterre et en Ecosse sont religieux ** ; les Guise agissent , conspirent , con-

J'ai déjà parlé de Jean Knox , dans mnn tableau des doctrines proteslantes, t. iv, p. 15 et 16. *• Strype III, 153.

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servant de perpétuelles relations avec les catholiques, grande puissance alors dans les trois royaumes. Il ne s'agit pas desimpies croyances, mais de la loi fondamentale de l'Etat qui est attaquée; Marie est un principe armé que les Guise opposent à Elisabeth. En relevant pour elle le trône d'Ecosse, on lui fait entrevoir celui d'Angleterre , un des buts de la ligue et pour lequel le pape et la sainteunion en France firent mille efforts, des conspirations sans cesse renouvelées et qui trouvent leur terme à la grande catastrophe de Marie. L'Ecosse était donc une puissance active dans les intérêts de la ligue ; elle y prêtait son influence et ses braves auxiliaires dans les batailles *.

En Irlande , la réformation était lente et le pays se maintenait plus fortement orthodoxe. Shane O'Nial , l'aîné des enfans du comte de Tyrone, s'était fait l'expression des doctrines d'indépendance nationale et de liberté catholique; il fut persécuté et mourut. Alors Elisabeth , sur la proposition du secrétaire d'État Smith, proposa la colonisation de l'Irlande ; et de là cette

On trome dans les Mémoires de Casteinau , édition de Bruxelles, de 1731 , tome i, diverses lettres de Marie Sliiart, l.int à M. de La Mauvissière (Casteinau), ambassadeur franrais à Londres, qu'à d'autres personnages, toutes relalives .« son empiisonnenicnt et aux mauvais Irailemens qu'on lus taisait éprouver.

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transplantation de populations anglaises sur le sol irlandais; elles furent d'abord étouflées par les indigènes ; mais l'oppression s'étendant , Phélini O'INial en appela au pape et à Philippe II. Une bulle priva Elisabeth de la couronne d'Irlande comme le pontife lui avait arraché le sceptre d'Angleterre. En l'année lo78 il partit deCivita- Vecchia une petite flotte au pavillon pontifical; elle prit sur son bord à Lisbonne un Irlandais hardi du nom de Fitz-Maurice , frère du comte de Desmond, et bientôt le voilà jeté sur la co(e d'Irlande avec quatre-vingts soldats espagnols , quelques nobles compatriotes et des étrangers e\ilés ; Fitz-Maurice périt dès l'origine de cette expédition ; le comte de Desmond captif reçut la mort des soldats anglais ; mais le catholicisme et la liberté ne s'éteignirent point en Irlande ; la ligue pouvait compter là de nombreux partisans *.

Elle était puissante , comme on le voit, cette ligue , sans compter ses auxiliaires d'Italie , de Venise que les doublons de Philippe II multipliaient de toute part : aussi ne cachait-elle plus ses desseins , et sa tactique fut d'abord d'attirer à elle tout ce qui portait le nom de catholique , sans distinction. Ce que les partis méprisent le plus, ce qu'ils attaquent avec le plus de violence,

* f'oyi'3 (Iamle.n, p. 334, 344, 406.

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