IMPARTIALITÉ DES POLITIQUES
semblées de gens de guerre , sur peine de désobéissance. Mon cousin , je ne désire rien plus (jue le repos de mes subjects et l'observation de mes esdicts de pacification ; allez en Rouergue et en ces quartiers-là , votre présence ne peut que causer un grand bien à mon service pour faire séparer lesdictes forces , ou au moins si elles étoient déjà debout , pour voir qu'elles ne se grossissent et ne soient employées en nuls mauvais effects qui puissent préjudicier à mes esdicts ; estant sur les lieux vous verrez bien plus clair, et y serez beaucoup plus à propos pour y remédier soudain co"mme il faut faire; me rapportant à votre affection et à la grande dextérité doni usez aux affaires importantes comme est cestuy-cy , laquelle il ne faut négliger , mais promptement aller au-devant du mal. Vous m'escrirez en chiffres le plus promptement que pourrez , afin que si cela va plus loin je puisse pourvoir *. »
La ligue ne se décourageait pas ; elle était trop forte pour se dissiper devant quelques doléances ou quelques mesures de la couronne. Les politiques cherchaient à faire des concessions à tous les partis. Quand le conseil autorisait l'assemblée du clergé à Saint-Germain, assemblée bruyante qui se plaignait des droits usurpés par l'autorité royale , de ce que le concile de Trente
* >Iss. de Béthune , vol. cot. 8859, fol. 6.
SÎNODE DE MO?iT\UBAi>i (1585). 197
u'était pas admis et exécuté * , Henri III permettait le synode calviniste de Montauban , sous le patronage et la protection de Henri dejNavarre. Le Béarnais se hâta de donner avis à Catherine de Médicis des résultats de ce grand synode : « Ma dame, l'assemblée a esté tenue à Montauban suivant ce qu'il a plu au roy permettre. Je n'ai point vu compagnie plus disposée à la paix et au bien de l'Estat , et à rendre l'obéissance due à Vos Majestés. Elle a nommé des desputés pour aller devers vous et présenter, avec toute humilité, quelques cahiers, requestes et supplications qui ont esté dressés pour cet effect. Il vous plaira , Madame , y avoir égard , et usant de votre bonté accoutumée , excuser ce qui pourrait encore rester d'infirmités es esprits des pauvres subjects de Sa Majesté **. » Ainsi on était inquiet; on faisait de toute part des plaintes, des doléances. Les deux extrémités se soulevaient contre les politiques qui tendaient à une conciliation prématurée.
A l'extérieur , Henri III cherchait le même système de ménagemeors. Le conseil n'ignorait pas les grandes alliances de la ligue : comment les balancer ? L'ambassade à Rome avait jusqu'ici
« Décrets de doléances des prélats assemblés à Saint - Germain. » Paris , 1 585. — Ce fut une espèce de ré'.iiiion de notables.
•* Mss. de Colbert . rot n" 9.